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ORGANE DE LA FÉDÉRATION NATIONALE ANDRÉ-MAGINOT

ISSN 1269-472X [nom]

95 e ANNÉE · AVRIL - MAI - JUIN 2024 N° 2

LES FEMMES

PILOTES

Sommaire

ÉDITORIAL · 3

ACTUALITÉS · 4

Le club des mécènes du RMBS · 4

Championnat d’Europe d’escrime

fauteuil · 5

Convention de partenariat avec le GIP · 6

Convention de partenariat avec le

musée de l’Armée · 6

Nouvel armement pour nos armées · 7

DOSSIER · 8

Les femmes pilotes · 8

30 e PRIX DE LA MÉMOIRE

ET DU CIVISME · 33

Discours de bienvenue de Mme Yaël

Braun-Pivet · 34

Allocution d’ouverture

du général René Peter · 35

PALMARÈS · 36

Allocution de Mme Patricia Miralles · 44

Discours de M. Cyril Carnevilliers · 45

Ravivage de la Flamme · 46

Travaux des premiers prix · 48

HISTOIRE · 51

70 e anniversaire de la fin de la guerre

d’Indochine · 51

VOS SOUVENIRS · 56

LES GROUPEMENTS · 58

LECTURE · 59

2 · [nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024

ISSN 1269-472X [nom]

Organe de la Fédération Nationale André-Maginot

TRIMESTRIEL - Commission paritaire n° 1228 A 06713.

Avril - Mai - Juin 2024. Dépôt légal à parution.

ORGANE DE LA FÉDÉRATION

[nom]

NATIONALE ANDRÉ-MAGINO

T

ISSN 1269-472X

95 e ANNÉE

013 · AVRIL - MAI -

JUIN 2024 N° 2 en 2 aé rien ting n mee rs d’u ne.

t XI lo Allemag lé ri o Un B nweide, à Hah Krause efan

St

LES FEMMES

PIL OTES

1re de couverture : Illustration des femmes pilotes, pionnières de l’aviation.

Éric Ascensi

4 e de couverture : Un Blériot XI lors d’un meeting aérien en 2013 à Hahnweide, Allemagne.

Stefan Krause

Ancienne Fédération Nationale des Mutilés, Victimes de guerre et Anciens Combattants.

L’aînée des associations, créée en 1888 et reconnue d’utilité publique le 28 mai 1933.

SIÈGE SOCIAL ET ADMINISTRATION :

[adresse]

Tél. : [téléphone]

Email : [e-mail]

Site internet : [lien]

CCP Fédération Maginot Paris 714-96U

HISTOIRE

DIRECTION ET RÉDACTION :

Directeur de la publication : René Peter

Rédacteur en chef : Jean-[information personnelle] Guastavino

Rédactrice en chef adjointe : Cathy Berjot-Ben Helal

Email rédaction : [e-mail]

Email diffusion : [e-mail]

RÉSIDENCE ANDRÉ-MAGINOT (EHPAD) :

Tél. : [téléphone]

IMPRESSION - EXPÉDITION :

Caractère Imprimeur

ZI Delta, 57 Montée de Saint-Menet,

[adresse]

La direction de [nom] ne peut être tenue pour responsable de la perte ou de la destruc-tion des documents qui lui auraient été sponta-nément confiés

Éditorial

Des jeunes dans leur travail de mémoire

Une fois encore, les mois qui passent sont riches en évènements mémoriels.

Le 3 avril a été une journée particulièrement char-gée en activités et en émotions. Nous avons en effet procédé à la remise de notre 30 e Prix de la mémoire et du civisme dans les salons de l’As-semblée nationale. Nous avons eu l’honneur d’y être accueillis par Mme Yaël Braun-Pivet, prési-dente de l’Assemblée nationale. De nombreuses personnalités politiques et militaires nous ont fait le plaisir d’y assister et de remettre des prix aux lauréats dont Mme Patricia Mirallès, secrétaire d’État auprès du ministre des Armées, chargée des anciens combattants et de la mémoire, et le général d’armée Thierry Burkhard, chef d’État-major des armées.

Après un déjeuner à l’Hôtel national des Invalides, les participants ont visité le musée de l’Armée. À cette occasion, une nouvelle convention de par-tenariat a été signée avec notre fédération.

En soirée, le traditionnel ravivage de la Flamme sous l’Arc de triomphe a clôturé cette jour-née laissant certainement à chacun un souvenir mémorable de cet évènement.

Le 30 avril, nous avons également signé une deuxième convention de partenariat avec le Groupement d’Intérêt Public (GIP) à l’hôtel de Brienne en présence de Mme Mirallès dans le cadre de projets avec les collectivités territoriales, après celle concernant les dossiers académiques et pédagogiques.

Nous n’oublions pas le 70 anniversaire de la fin e de la guerre d’Indochine. Nous étions présents à la célébration organisée par l’UNACITA (Gr 211), le 10 mai à Fréjus. Son compte rendu figurera dans le prochain numéro.

Je remercie le général (2S) Robert

Rideau · d’avoir

bien voulu rédiger un article retraçant la chronologie ain-si que les tenants et aboutissants de cette guerre bien souvent occultée.

Enfin, le dossier de ce numéro est consacré au femmes pilotes ; pionnières de l’aviation, aventu-rières, inventrices, héroïnes de guerre pour cer-taines d’entre elles.

Par leurs parcours exceptionnels, militantes ou non, elles ont toutes permis aux futures généra-tions de réaliser leurs rêves et même d’accéder à des métiers jusque là inaccessibles aux femmes.

Si nous ne devions en citer que quelques unes, nous pourrions évoquer le parcours de [information personnelle]

Marvingt bien sûr, Élise Deroche, Jacqueline

Auriol, la générale Valérie André ou encore

Sophie Adenot la prochaine Française (et la deuxième) à rejoindre le corps des astronautes de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), pour des missions scientifiques à bord de la Station

Spatiale Internationale (ISS).

À bientôt pour notre prochain congrès au Puy-du-Fou !

Général (2S) René P ETER

Président fédéral

[nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024 3

Actualités

La FNAM au club des Mécènes

RMBS 2023

Le général de corps d’armée, Christophe

Abad, Gouverneur Militaire de Paris, a orga-nisé la réunion annuelle du club des mécènes, des Rencontres Militaires Blessures et Sport

(RMBS).

La Fédération nationale André-Maginot s’est vue attribuer en raison de son importante contribution envers les militaires blessés pra-tiquant le sport dans le cadre handisport, un trophée pour l’année 2023, remis par le gou-verneur militaire de Paris Christophe Abad à M. Christian Piquet, président délégué de la FNAM.

4 · [nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024

Actualités

Soutien au championnat d’Europe d’escrime fauteuil

Notre fédération a soutenu l’organisa-tion du Championnat d’Europe d’Escrime

Fauteuil, qui s’est tenu à Paris du 5 au 10 mars 2024. Cet événement, prévu à moins de six mois des Jeux Paralympiques, a été l’occasion pour les athlètes de la Fédération Française Handisport de se mesurer lors de cinq jours de compétition intense, dans le cadre prestigieux du hall

Carpentier, situé dans le 13 e arrondisse-ment de Paris.

L’escrime fauteuil, discipline mixte prati-quée en fauteuil roulant avec le fleuret, l’épée et le sabre, met en lumière le talent et la détermination des athlètes, tout en offrant une opportunité de qualification pour les Jeux Paralympiques de 2024, qui se dérouleront également à Paris.

Consciente de l’importance de cet évé-nement pour la promotion du handisport et de l’inclusion des personnes en situa-tion de handicap, la FNAM a été sollicitée pour soutenir financièrement cette initia-tive. Plusieurs options ont été proposées, notamment la participation à une billet-terie solidaire, où chaque billet vendu à cinq euros a contribué au financement de groupes scolaires et d’associations travail-lant avec des personnes en situation de handicap. Alternativement, un soutien financier direct sous forme de don a été évoqué.

[nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024 5

Actualités

Convention de partenariat avec le musée de l’Armée

Le 3 avril 2024, le général (2S) René Peter, président fédéral, a signé une nouvelle convention de soutien au musée de l’Armée pour une durée de trois ans, avec le général

Henry de Medlege, directeur du musée, en présence de M. Christian Piquet, président délégué, et de Mme Brigitte Raine, secré-taire générale.

Yoan Vallette du 501 e RCC

Convention de partenariat avec le GIP

Le 30 avril 2024, le général (2S) René Peter, président fédéral, a signé une deuxième convention avec l’ancien ambassadeur, M.

Philippe Étienne, président du Groupement d’Intérêt Public (GIP), concernant les projets émanant des territoires, en présence de Mme

Patricia Mirallès, secrétaire d’État auprès du ministre des Armées, chargée des Anciens combattants et de la Mémoire.

MINARM

6 · [nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024

Actualités

Nouvel armement pour nos armées

La Direction Générale de l’Armement (DGA) a effectué, en 2023, de nombreuses commandes auprès des industriels de l’armement.

Lancement concret de la mise en œuvre de la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-

2030, les commandes de 2023 sont destinées à renouveler et moderniser les capacités des forces armées dans les domaines aérien, terrestre, naval et spatial.

Les commandes portent ainsi notamment sur :

  • 42 avions Rafale au standard 4 ;
  • 109 canons Caesar Mk II ;
  • 420 véhicules blindés multi-rôles légers Serval du programme Scorpion dont plus de 200 ont déjà été livrés en février 2024 ;
  • Sept patrouilleurs hauturiers ;
  • Huit hélicoptères NH90 supplémentaires pour les forces spéciales ;
  • 1 300 missiles AKERON MP ;
  • 329 missiles Mistral 3 ;
  • 15 systèmes de mini-drones aériens embarqués supplémentaires pour la Marine nationale ;
  • Modernisation du porte-avions Charles-de-Gaulle ;
  • Achèvement de la rénovation de la 3 e frégate de type La Fayette : l’Aconit

Sources : DICoD

L’hélicoptère NH90 Caïman de l’ALAT (Aviation Légère de l’Armée de Terre) en vol au Salon aéronautique de Paris-Le Bourget en 2019, démonstration de libération d’otages

Un VBMR-L Serval du 3 e RPIMa, après · par les forces spéciales.

le défilé du 14 juillet 2023. · Ibex73

Kevin.B

[nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024 7

Dossier

Les femmes pilotes par Gérard S OUEDET

Fondett’Ailes [téléphone]

Dès le début des premiers vols en ballon, les femmes s’affirment dans la pra-tique aérostatique malgré les obstacles.

Les premières, Mesdemoiselles Tible et Sage s’envolent dès 1784 et 1785. En 1805, Mme Blanchard devient la première aéronaute à voler régulièrement en tant que pilote.

Au début de la III e République, l’aérostation se veut aérostation sportive, scientifique ou mili-taire et les femmes en sont exclues.

Le 10 février 1909, [information personnelle] Surcouf crée la Stella, club féminin réunissant nombre d’aéronautes féminines. Elle obtient le 17 juin 1909 le premier bre-vet de pilote sportive, suivie en août 1910 par Mme Tissot et Mme Airault. Il s’agit d’un brevet commun aux hommes et aux femmes dont les conditions sont établies par l’ACF, dix ascensions dont deux seule à bord et une ascen-sion de nuit.

En mai 1910, [information personnelle] Marvingt (brevet n° 125) remporte le concours de dis-tance sur son ballon « l’Étoile Filante », devient la troisième femme pilote d’avion (brevet n° 281) le 8 novembre 1910 et inscrit le premier record fémi-nin de durée de vol en 53 min.

En 1911, la Stella compte 122 membres, mais son activité s’interrompt en 1914. Ce n’est qu’en 1971 que fut créée l’Association des Femmes Pilotes.

Les Américaines dès 1936 créent les « 99’s » avec Amelia Earhart. Les Anglaises la « BWPA »

British Women Pilot Association en 1956.

8 · [nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024

Dossier

Les pionnières

La première femme française brevetée pilote d’avion fut Élise Deroche avec le brevet n° 36.

Thérèse P ELTIER (1873 – 1926)

Aviatrice et sculptrice française, Thérèse Peltier est la pre-mière femme à quitter le sol en juillet 1908 à bord d’un Voisin-Delagrange en passagère.

Quelques semaines plus tard, et après quelques séances d’entraînement avec Léon Delgrange, son ami d’enfance, elle s’envole en solitaire et devient ainsi la première femme pilote, faisant date dans l’histoire de l’aviation féminine, avec Élise Deroche, Marthe Niel et Amelia Earhart.

L’accident mortel de Delagrange, la boule-verse et la détourne définitivement de l’avia-tion, avant même que soit institué le brevet de pilote.

Jeanne P ALLIER

(1864 – 1939)

Elle passe son baptême de l’Air en octobre 1910 sur Blériot XI et obtient son brevet n° 1012 en 1912, à l’âge de [âge], devenant ainsi l’aviatrice française la plus âgée.

Son examen s’effectue, notamment, en survolant Paris lors d’un vol à 700 m d’altitude, une prouesse saluée à l’époque. Elle devient membre de l’Aéro-club féminin la Stella, participe à plusieurs meetings lors desquels elle rem-porte, entre autres, le concours féminin d’altitude en 1913 et la troisième place du concours d’endurance en 1914.

Au début de la Première Guerre mondiale, les femmes n’étant pas acceptées comme com-battantes dans l’armée, Jeanne Pallier ne peut donc devenir pilote. Inspirée par ce qui se fait en Grande-Bretagne, elle crée en 1915 le Club féminin automobile pour fournir des conductrices au service de santé. Une fois encore, on refuse sa participation. Il faut attendre

1917 pour que le gouvernement français accepte que des femmes s’occupent bénévole-ment de cette tâche. Ainsi les cent-vingt ambulancières du club et soixante-dix infirmières pourront transporter les blessés jusqu’aux hôpitaux.

Après la guerre, Jeanne Pallier crée la Coupe Jeanne Pallier, destinée à encourager les jeunes femmes à s’engager dans le sport de compétition.

[nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024 9

Dossier

[information personnelle] M ARVINGT

(1875 – 1963)

[information personnelle] Marvingt est une pionnière de l’aviation, inventrice, sportive, alpiniste, infirmière et jour-naliste française.

Surnommée « la fiancée du danger », elle se fait connaître avant la Première Guerre mondiale par ses multiples exploits dans de nombreuses disciplines sportives comme l’alpinisme. Officieusement, elle est la première femme à terminer le Tour de France, en 1908, après avoir essuyé le refus des organisateurs.

La découverte des sports de l’air est une révélation : aéronaute puis aviatrice, elle est l’une des premières femmes à voler seule et la première à traverser la Manche en 1909.

L’année suivante, elle établit le premier record de la coupe Femina. Elle obtient son bre-vet de pilote n° 281 en 1910. Elle est détentrice de 17 records sur avions Antoinette, Sommer, Hanriot, et Deperdussin.

Pendant · la · Première

Guerre mondiale, elle s’invite à deux bombar-dements avant de se voir émettre le refus officiel de l’ar-mée. Elle retourne à Nancy où elle devient infirmière et cor-respondante de guerre.

Un aéroplane Deperdussin monocoque, au musée de l’Air et de l’Espace du Bourget.

Cathy Berjot-Ben Helal/FNAM

[information personnelle] Marvingt conçoit un prototype d’avion-ambulance qu’elle ne réussit toutefois pas à construire avant la Première Guerre mon-diale. Lors de ce conflit, elle se consacre à l’aviation sanitaire.

Dessin d’Émile Friant représentant [information personnelle] Marvingt et son projet d’ambulance aérienne, 1914.

10 · [nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024

Dossier

Décidant de rejoindre le front comme poilu, Marvingt y reste 47 jours, déguisée en homme avant d’être démasquée. La sportive utilise alors ses talents de skieuse dans les Dolomites sur le Front italien où elle aide à l’évacuation des blessés.

Après la guerre, elle crée, au Maroc, le premier lieu de formation des infirmières pilotes d’avions sanitaires et reçoit la médaille de la Paix.

Elle fait partie de ce service pendant la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle elle invente un type de suture chirurgicale minimi-sant le risque d’infection sur le champ de bataille.

En 1929, elle créé « La Société des amis d’aviation sanitaire » et, en 1939, un centre d’accueil pour avia-teurs blessés.

Infos +

Décrite comme la « première sportswo-man du monde », elle reçoit la grande

Maquette d’un avion Antoinette IV · médaille d’or de l’Académie des sports

(1908). · en 1910. C’est la première et dernière

fois que l’Académie distribue un prix

« toutes disciplines ». Nageuse, elle

Elle continue le cyclisme et prépare · est la première Française à accomplir

son brevet de pilote d’hélicoptère. · les 12 km de la traversée de Paris à la

Tout au long de sa vie, elle participe · nage, en juillet 1906, se classant quin-

à de nombreux meetings aériens. · zième au général et troisième féminine.

Entre 1908 et 1910, elle remporte plus

[information personnelle] Marvingt est titulaire de · de vingt médailles d’or à Chamonix dans

34 décorations : officier de la · différentes disciplines : en ski, patinage

Légion d’honneur, Croix de Guerre · artistique et patinage de vitesse,

1914-1918 avec palmes. Elle est, à · au concours de saut ou encore en

sa mort, la femme la plus décorée · gymkhana sur glace. Le 26 janvier

de l’histoire de France. · 1910, elle remporte la première

compétition féminine de bobsleigh à Chamonix.

[nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024 11

Dossier

Hélène D UTRIEU (1877 – 1961) née en Belgique

Formée par Henri Farman sur Demoiselle de Santos Dumont, elle effectue un premier vol de 30 secondes en 1908, puis est approchée par Clément Bayard pour devenir pilote d’essai d’avion en France. Le 30 août 1910 (ou le 2 septembre 1910, selon Air Journal), elle effectue un vol entre

Ostende et Bruges en 20 minutes et contourne le beffroi de la ville à environ 400 mètres d’altitude, avec un passager, faisant tomber tous les records féminins.

Le 25 novembre 1910, l’Aéro-club de Belgique lui remet le premier brevet de pilote (le n° 27) attribué dans ce pays à une femme. Dans le monde, elle est la deuxième femme (peu de temps après Élise Deroche en France) à obtenir ce brevet. Le 21 décembre 1910, à Étampes à bord de son biplan Henry Farman, elle remporte la coupe Femina, 167 km en 2h35 min.

Le 11 décembre 1911, elle pulvérise le record du monde de vitesse couvrant 254 km en 2h58.

Le 21 décembre 1911, elle devient la première femme à rester plus d’une heure en l’air, avec un vol de 1h09. Hélène Dutrieu est aussi la première femme au monde à voler sur hydravion.

En 1913, elle est la première femme aviatrice à recevoir la Légion d’honneur.

Quand la Première Guerre mondiale éclate, elle effectue quelques vols de reconnaissance, puis, les femmes n’étant plus autorisées à voler, elle s’engage comme ambulancière pour la Croix-Rouge française.

Elle reçoit encore, en 1953, la médaille de l’aéronautique et crée, en 1956, un prix franco-belge destiné à récompenser une femme pilote effectuant seule un vol de longue distance sans escale.

Réplique d’un Demoiselle de Santos-Dumont.

Halleypo/Wikipedia

12 · [nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024

Dossier

Marthe N IEL (1878 – 1928)

Obtenant son brevet de pilote n° 226, en 1910, sur monoplan Koechlin, Marthe Niel devient la seconde femme brevetée après

Élise Deroche. Elle participe à de nombreux meetings entre 1910 et 1913.

Elle se produit dans différents meetings aériens en France et à l’étran-ger. À Dijon, elle reçoit un prix spécial. À Périgueux, elle frôle la cime des arbres bordant la route et pique du nez à l’atterrissage, causant des dégâts légers à l’hélice et cassant la béquille.

Le 18 novembre 1915, elle épouse en secondes noces le constructeur d’avions, Paul

Koechlin, · qui décédera le

17 août 1916 durant la bataille de la Somme.

L’avion monoplan Koechlin sur lequel Marthe Niel a obtenu sa licence de pilote le 29 août 1910.

[information personnelle]-Louise D RIANCOURT

(1887 – 1914)

Elle commence à piloter en 1910 près de Chartres à l’école Blériot (sur Blériot XI). Elle devient par la suite élève de l’école d’aviation Caudron au Crotoy.

La jeune femme obtient son brevet de pilote, le n° 525, le 15 juin

1911. Elle est la sixième femme dans le monde à obtenir ce brevet.

Elle participe à de nombreuses démonstrations aériennes en 1911, dont celle de Crotoy (sep-tembre) et de Pampelune, en Espagne. Elle est une participante remarquée du meeting de Saint-Lyé en 1911. Elle fut une membre discrète de l’aéroclub féminin et féministe la Stella.

Son mari, qui avait soutenu sa passion pour l’aviation, meurt dans un accident de voiture au début de 1912, la laissant veuve avec trois jeunes enfants. Sa situation financière devient alors difficile, mais elle continue à pratiquer « l’aérostation ». Le 9 mars 1912, elle s’écrase à Issy-les- Moulineaux lors duquel son avion est détruit. Elle ne participe plus qu’à un seul événement ensuite, celui de Juvisy en avril 1912, puis quitte définitivement l’aviation. Elle décède le 6 novembre 1914 à seulement [âge], dans des circonstances non élucidées.

[nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024 13

Dossier

Élise D EROCHE (1882 – 1919)

Avec le brevet n° 36 obtenu le 8 mars 1910, Élise

Deroche devient la première femme pilote au monde (avec un brevet).

Connue sous le pseudonyme de Mme la Baronne

Raymonde de Laroche, elle est tout d’abord actrice de théâtre. Elle se consacre également à la peinture, à la sculpture, au sport automobile et autres sports. En 1902, elle obtient son permis de conduire.

Raymonde de Laroche s’intéresse également aux études et aux expériences de Blériot, d’Ernest Archdeacon et des frères

Voisin. Après avoir étudié divers appareils, elle choisit le biplan Voisin pour sa maniabilité, sa stabilité et sa facilité à piloter, et en 1909, elle rencontre Charles Voisin, fondateur avec son frère Gabriel de l’entreprise

Voisin Frères.

Le 22 octobre 1909, elle fait son premier vol seule à bord d’un biplan Voisin sur une distance de 300 mètres. Le lendemain, elle réalise un vol de six kilomètres. Le 1 er janvier 1910, elle fait un vol de sept minutes mais, interrompue par la nuit, elle ne peut concourir pour le brevet de pilote. Elle l’obtient cependant pendant le meeting d’Héliopolis en Égypte, qui se tient du 6 au 13 février 1910. L’Aéro-Club de France le valide, et le brevet lui est délivré le 8 mars

1910. Elle est la première femme au monde à l’obtenir, bien qu’elle ne soit pas la première femme à avoir piloté un aéroplane en solo (Thérèse Peltier l’a devancée, en effectuant un vol en septembre 1908 sans avoir son brevet).

Le 25 novembre 1913, de Laroche remporte la Coupe

Femina pour un vol longue distance sans escale de plus de quatre heures. Pendant la Première Guerre mondiale, elle sert comme conductrice mili-taire, conduisant les officiers des zones arrière vers le front sous le feu.

En juin 1919, de Laroche éta-blit deux records d’altitude féminins, dont l’un à 4 800 m ainsi que le record de distance féminin à 323 km.

Le 18 juillet 1919, elle copilote un avion expérimental - on ne sait pas avec certitude si elle a piloté cet avion. Lors de son approche en vue de l’atterris-sage, l’avion a plongé et s’est écrasé, tuant à la fois de Laroche et le copilote.

14 · [nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024

Dossier

Jeanne Aline H ERVEU

(1885 – 1955)

Elle apprend à piloter en 1910 à l’école

Blériot et obtient le brevet de pilote n° 318 le 7 décembre 1910, devenant ainsi la quatrième femme pilote française. Elle partici-pera à plusieurs meetings dont la coupe Femina en 1911. Elle arrive seconde de cette course derrière Hélène Dutrieu. Après la Première Guerre mon-diale, elle part vivre en Amérique où elle exerce comme instructrice de pilotage dans une école féminine d’aviation. Elle revient en France en 1932 pour inaugurer l’école de pilotage sur le toit des Galeries Lafayette. La fin de la Seconde Guerre mondiale sonnera la fin de sa carrière dans l’aviation, non sans avoir tenté d’ouvrir davantage ce secteur aux femmes en créant une école de pilotage exclusivement réservée aux femmes.

Marthe R ICHER (1889 – 1982)

Marthe Richer, dite Marthe Richard, est une pros-tituée, aviatrice, espionne et femme politique française.

Son futur mari, Henri Richer, lui achète un avion en 1912, et elle obtient ainsi son brevet de pilote, le n° 1369 en mai 1913, devenant la sixième Française à obtenir ce diplôme.

Elle a, auparavant, fait un peu d’aérostation et est membre de la Stella.

Le constructeur René Caudron lui confie un biplan équipé d’un moteur Anzani de 35 cv, puis un « type

G biplace » avec lequel elle enchaîne les meetings. La presse, qui la trouve frêle et volontaire, la surnomme « l’Alouette ».

Lors du meeting de La Roche Bernard, elle s’écrase à l’atterrissage.

Après trois semaines de coma et de nombreuses fractures, elle achète un biplan Caudron G3.

En 1914, elle veut s’engager dans l’aviation mais n’y parvient pas.

À la mort de son mari, elle entre dans le renseignement, au 5 e bureau comme espionne, sous le pseudo de Marthe Richard (son passé d’espionne est néanmoins sujet à caution).

Après la guerre, à bord d’un Potez 43, elle parcourt la France comme conférencière au profit de la Caisse de secours de l’Aéronautique jusqu’en 1936.

Elle entre en politique en 1945 et dépose le 13 décembre devant le conseil municipal un pro-jet pour la fermeture des maisons closes. Sa proposition est votée et le préfet Charles Luizet décide de fermer les maisons de la Seine dans les trois mois.

[nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024 15

Dossier

Les aventurières

Adrienne B OLLAND (1895 – 1975)

Adrienne Bolland est une résistante et aviatrice française célèbre pour avoir été la première au monde à effectuer la traver-sée par avion de la Cordillère des Andes.

Brevetée en janvier 1920 à l’école Caudron au Crétoy, (brevet féminin n° 12 bis), puis brevetée « transport » (n° 751), elle est engagée par Caudron comme convoyeuse d’avion.

Le 25 août 1920, elle réédite l’exploit de Blériot en traversant la Manche.

Arrivée à Buenos Aires en janvier 1921 avec deux Caudron G3 démontés dans des caisses, et le mécanicien René Duperrier de la firme Caudron à ses côtés, elle réalise la propagande commerciale demandée par l’avionneur sitôt les avions arrivés et remontés.

Mais, dès son arrivée, la presse argentine met au défi l’aviatrice de passer la cordillère des Andes. Piquée au vif, elle décide, à la mi-mars, de rejoindre la ville de Mendoza, malgré le refus de Caudron de lui envoyer un avion plus puissant. Elle arrive en train, dans la capitale de la province, nichée aux pieds de la cordillère, le dimanche 20 mars, avec un des deux G3, et fait deux essais devant toute la ville, avant de s’envoler à l’aube du 1 er avril. Le plafond du Caudron

G3 (construit en bois et toile, moteur le Rhône de 80 ch) est à 4 000 mètres, alors que la route qu’elle a choisie

(la plus directe, à la différence de ses prédécesseurs, par le Col de la Cumbre et le monument du Christ Rédempteur des Andes) la fait passer à proximité du point culminant de la chaîne, l’Aconcagua, à 6 962 mètres d’altitude.

En partant, elle est convaincue de ne jamais sortir vivante de cette traversée sans carte ni instrument de navigation.

Après 4h15 d’un vol épique, où elle se perd et doit chercher son chemin entre les flancs à pic des montagnes, à une moyenne de 50 kilomètres à l’heure, après un choix vital qui la rendra célèbre, elle se pose sur la piste de Lo Espejo, l’école militaire d’avia-tion de Santiago du Chili. Elle reçoit au Chili un accueil d’autant

16 · [nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024

Dossier

plus triomphal que l’exploit paraissait invraisemblable.

Grand absent, le représentant de l’Ambassade de France à Santiago ne s’est pas déplacé, croyant à un poisson d’avril.

Elle revient en France, en juillet 1921, après une longue tournée en Argentine et en Uruguay. Profitant de sa notoriété, elle participe à de nombreux rassemble-ments aériens durant lesquels elle exhibe ses capacités.

Le 27 mai 1924 à Orly, elle bat le record féminin de loo-ping en réalisant 212 boucles en 72 minutes (son objec-tif était de battre les 962 loopings du record masculin).

Durent la Seconde Guerre mondiale, elle rejoint la · Image générée par Intelligence

Résistance au sein des réseaux Centurie puis Castille. · Artificielle

Elle devient opératrice radio, chargée du repérage des terrains pour les atterrissages et parachutages clandestins de la Résistance.

insolite

Alors qu’elle est perdue de la Cordillè re des Ande au dessus forts vents d e face qui lu s, avec de plusieurs surp laces, Adrien i font faire décide de pre ndre un pass ne Bolland à gauche, fa ce à la monta age risqué

qu’à droite a · gne, plutôt

À SAVOIR · au dessus d’u u moment o ù elle passe

n lac en form e d’huître.

Pour cette traversée de la Cordillère des · Elle révèlera à la presse

Andes, Adrienne Bolland monte dans · qu’elle doit c ette décision en 1951

son avion avec sa combinaison de coton, · par conséqu · , et

d’une femme ent sa vie, au conseil mais, dessous, elle passe un pull en un médium, envoyée par

laine, son pyjama en soie, et s’est enduit · tandis qu’elle

le corps de graisse avant de plaquer des · préparait po · se

train de Men ur prendre le

feuilles de papier-journal sur son torse. · doza.

[nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024 17

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Maryse B ASTIÉ (1898 – 1952)

[information personnelle]-Louise Bombec épouse Bastié, apprend à piloter à l’aéro-club de Bordeaux-Mérignac en 1925 et obtient son brevet le 29 septembre 1925.

La semaine suivante à bord d’un Caudron G3, elle passe sous le pont transbordeur de Bordeaux alors en construction.

En 1926, elle donne des cours de pilotage sur Caudron G3. En 1928, elle décide de faire une carrière de raids et de records. En juin, elle participe aux meetings de Reims et de Vincennes.

Le 2 juillet, elle décolle d’Orly et se pose en Poméranie : 1 058 km, record international de distance sur avion léger. Toujours en juillet, elle bat le record de France féminin de durée

(26h48 min). Elle passe le brevet de transport en octobre.

En septembre 1930, elle tient l’air pendant 37h55 min et réalise trois records du monde : féminin toutes caté-gories, avions légers et monoplaces.

En 1931, record de distance en ligne droite masculin et féminin (Le Bourget- Yurino en Russie, 2 976 km).

En octobre 1932, elle est engagée chez le construc-teur Potez et, en 1935, ouvre une école de pilotage à Orly, l’école « Maryse Bastié Aviation ».

Le 29 décembre 1936, elle ravit à Jean Batten le record de traversée de l’Atlantique Sud (13h30), en décollant de Dakar sur un avion Caudron Simoun pour se poser à Natal après 12h05 de vol.

En septembre 1939, Maryse Bastié se porte volontaire pour l’Armée de l’Air. Elle est alors « réquisitionnée » avec trois autres pilotes, Maryse Hilsz, Claire Roman et Paulette Bray-Bouquet pour convoyer des avions vers le front. Par décret du 27 mai 1940 qui autorise la création d’un corps féminin de pilotes auxiliaires, elle poursuit les convoyages et devient pilote avec le titre de sous-lieutenant en mai

1940. Blessée en juin 1940, elle est démobilisée en juillet de la même année. Elle offre alors ses services à la Croix-Rouge et, sous couvert de cette activité, elle recueille des renseignements sur l’occupant.

À la libération, elle est promue lieutenant dans les FFL, grade confirmé en 1945 après la fin de la Seconde Guerre mondiale et sera promue dans l’Ordre de la Légion d’honneur à titre militaire.

18 · [nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024

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En septembre 1944, elle est l’une des premières recrues du premier corps de pilotes militaires fémi-nins, créé à l’initiative de Charles Tillon. Le corps sera dissous en février 1946. Durant la guerre, en service à la Croix Rouge et agent de renseignement, elle est capturée par la Gestapo et incarcérée à Fresnes début

1944. Faute de preuves, elle est relâchée quinze jours plus tard.

Depuis la guerre, Maryse Bastié ne pilote plus en rai-son d’une blessure au coude infligée par une sentinelle allemande. En 1951, M. Maroselli, alors ministre de l’Air, la fait nommer au Centre d’Essais en Vol (CEV) à Brétigny-sur-Orge sous les ordres de l’ingénieur géné-ral Bonte. Elle est aussi agent de liaison entre le CEV et Les Ailes Brisées. Un second rôle au CEV l’envoie partout dans le monde pour promouvoir l’industrie aéronautique Française.

Le 6 juillet 1952, elle trouve la mort lors d’une pré-

sentation du Nord 2501. Le pilote et ses six passagers · Portrait de Maryse Bastié dans le

13 e arrondissement de Paris (original

périssent brûlés. Lors de ses obsèques aux Invalides, · visible au [adresse]

elle fut citée à l’Ordre de la Nation : « Capitaine de · par KristX.

l’armée de l’Air, 3 000 heures de vol, commandeur · Photo Laurent Mouche/FNAM

Montage et retouche photo Cathy Berjot Ben Helal/FNAM de la Légion d’honneur à titre militaire, Maryse Bastié lègue à la postérité l’admirable leçon d’une victoire constante de la volonté sur la fragilité. Son nom restera parmi les plus grands et les plus purs de l’histoire des Ailes françaises. »

MARYSE BASTIÉ EN RECORDS

1928 : premier record féminin de distance de vol (1 058 km)

1929 : record international de durée de vol féminin (26h44 min)

1930 : record de durée féminin international (37h55 min)

1931 : record féminin international de distance (2 976 km)

1936 : première traversée féminine de l’Atlantique Sud et record en 12h05 min

[nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024 19

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Maryse H ILSZ (1901 – 1946)

Maryse Hilsz est une militaire et une pion-nière de l’aviation française.

Elle s’inscrit à un concours de saut en para-chute en 1924, alors qu’elle n’est encore jamais montée en avion.

Se lançant dans le parachutisme d’exhibition sous le pseudonyme de Mademoiselle Maryse, elle effectue ainsi plus de 112 sauts, dont 20 en double, ce qui lui permet de financer l’obtention de son brevet de pilote (brevet transport n° 1 293), officiellement décerné en 1930. Elle achète un De Havilland Gipsy Moth puis un Morane MS 35, elle rejoint Croydon puis Amsterdam.

Elle est détentrice de nombreux records de vitesse et de distance en avion, dans les années 1930.

Fin novembre, avec son De Havilland Gipsy, elle réalise le raid Villacoublay – Saïgon en 91h31 min. En 1932, Paris – Madagascar sur Farman 291. Le 9 avril 1932, après avoir quit-té Madagascar, une panne survient mais elle réussit à faire atterrir son appareil sur l’île Juan de Nova. Le 19 août 1932, elle bat le record du monde d’altitude féminin à 10 200 m à Villacoublay.

Printemps 1933, elle opère un circuit Inde –

Revue L’Aéronautique du 1 er décembre 1926.

Indochine – Chine – Japon de 44 jours. Elle est nommée chevalier de la Légion d’honneur en 1933.

Début 1934, sur Breguet BR 330 de 650 cv, elle bat le record de vitesse Saïgon – Paris en cinq jours 38 min. Records d’altitude : 11 289 m sur Morane MS275 », 14 310 m en juin 1936 record mondial féminin et record de France toutes catégories.

En 1935 et 1936, elle remporte aussi la coupe Hélène Boucher, sur Paris – Cannes, en 2h29

puis en 1h52. En · novembre 1936, alors qu’elle tente de battre le record de vitesse

féminin · sur · base, elle est éjectée de son siège et sauvée par son para-

chute. Elle · pilote la plupart du temps seule, sans mécanicien, ce qui

la contraint à réparer son avion toute seule.

En 1940, elle est engagée aux usines Amiot, en tant que pilote de réception et d’acheminement vers les unités combattantes et entre dans la résistance.

En janvier 1946, capitaine de liaison au ministère de l’Air,

Un Siebel 204. · elle trouve la mort aux commandes d’un Siebel 204.

20 · [nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024

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Hélène B OUCHER (1908 – 1934)

Surnommée Leno, Hélène Boucher prend son premier cours de pilotage en mars 1931 et obtient son brevet de pilote de tourisme le 21 juin 1931 (brevet n° 182).

Après avoir cumulé 100 heures de vol et réalisé un vol de nuit, elle obtient son brevet de pilote professionnel de transport public en juin

1932. Elle est la quatrième femme pilote en France à le décrocher après

Adrienne Bolland, Maryse Bastié et Maryse Hilsz. En juillet 1932, elle participe au rallye aérien Caen – Deauville.

En 1933, elle participe au raid Paris – Saïgon et aux 12 heures d’Angers. Le 2 août, pre-mier record du monde, celui d’altitude féminin pour avion léger deuxième catégorie, avec 5 900 mètres à bord de son avion Mauboussin 60 CV. En septembre 1933, elle se lance dans l’acrobatie aérienne coachée par son moniteur Michel Détroyat (pilote d’essais et champion de voltige).

En 1934, elle s’engage avec les aviatrices Maryse Bastié et Adrienne Bolland dans le combat féministe et devient militante pour le vote des Françaises. Le 8 août 1934, aux commandes d’un Caudron-Renault, Hélène Boucher enlève d’une part le record de vitesse sur 100 km à 412 km/h et d’autre part le record des 1 000 km à la moyenne de 409 km/h. Maurice Arnoux détenait l’ancien record avec 393 km/h. Le 11 août, elle s’adjuge le record du monde féminin à 445 km/h.

Le 30 novembre 1934, Hélène Boucher se tue lors d’un vol d’entraînement sur l’aérodrome de Guyancourt aux commandes d’un Caudron C460 Rafale. Une cérémonie a eu lieu dans la chapelle Saint-Louis-des- Invalides où son cercueil est exposé pendant deux jours. Elle est la première femme à recevoir un tel hon-neur. Hélène Boucher est décorée, à titre posthume, de la Légion d’honneur avec la citation suivante :

« Pilote aviatrice : trois ans de pratique profession-nelle ; Pilote de haute classe, a mis au service de l’avia-

Un Caudron-C460-Rafale en 2010. · tion française sa foi ardente et son audace réfléchie ;

Wingtipvortex · A donné toute sa mesure au cours de sa brève car-

rière ; Victorieuse de nombreuses compétitions, a ramené six records à la France, en particulier le record international de vitesse toutes catégo-ries sur 1 000 km avec 409 km/h ; A donné sa vie à la cause qu’elle avait vaillamment défen-due ; A été citée à l’Ordre de la Nation.»

[nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024 21

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Élisabeth B OSELLI (1914 – 2005)

Brevetée pilote civile en 1936, Élisabeth Boselli devient la première femme pilote de chasse de l’Armée de l’Air française.

Fin juillet 1936 à l’École des moniteurs de Tours, c’est le lâcher sur Dewoitine 500 et Dewoitine D520. Avec Suzanne Melk, Élisabeth est la seule du groupe à être jugée apte à voler sur le meilleur avion de la campagne de France : le Dewoitine D520.

Elle passe avec succès les épreuves du brevet militaire de pilote de chasse et est brevetée le 12 février 1946.

Pilote militaire de 1945 à 1956 sur monoplace de chasse, pilote professionnel, pilote de voltige, pilote de planeurs de 1947 à 1952.

Élisabeth Boselli est détentrice de huit records du monde, notamment : en 1947 record d’altitude en planeur : 5 300 m qu’elle porte à 5 600 m ; en 1948 record d’altitude sur avion à hélice, en Piper Cub : 5 791 m en 1949. Elle est également titulaire de plusieurs records féminin : vitesse avion en circuit fermé sur mille kilomètres (746 km/h) en 1955 ; distance sur avion à réaction (2 331 km sur Mistral) en 1955.

Promue officier de l’Armée de l’Air en 1953, elle effectue des liaisons et des évacuations sanitaires en Algérie de 1957 à 1959.

Revenue à la vie civile en 1969 avec le grade de capitaine et 900 heures de vol, elle se consacre à la rédaction de ses mémoires, publiés dans la revue Icare et devient présidente de la commis-sion d’histoire de l’Aéro-club de France, évo-quant avec passion le souvenir d’aviatrices.

Un Dewoitine D520.

Jacqueline A URIOL (1917 – 2000)

Jacqueline Auriol est la première femme pilote d’essai (la deuxième après Adrienne Bolland selon les sources).

Par défi et par goût du sport, Jacqueline

Auriol apprend à piloter sur un biplan Stampe et obtient ses brevets, premier et second degré, en 1948.

L’aviation devient alors une passion et elle passe à la voltige aérienne pour se perfectionner.

22 · [nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024 · Un biplan Stampe.

Pep.per de Ré

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Le 11 juillet 1949, elle est victime d’un terrible acci-dent sur la Seine, alors qu’elle est co-pilote d’un proto-type d’hydravion, un SCAN 30, construit par la Société de construction aéronavale. Elle a plusieurs fractures du crâne et est défigurée. Elle subit en deux ans une vingtaine d’interventions chirurgicales effectuées aux États-Unis. Elle se remet néanmoins à piloter, passe

Un hydravion SCAN 30. · ses brevets militaires, de vol à voile et d’hélicoptère.

FlugKerl2

Le 21 décembre 1952, elle bat un record de vitesse féminin sur avion à réaction Mistral à la moyenne de 855,92 km/h. L’Américaine Jacqueline Cochran lui reprend ce record le 20 mai 1953 à 1 050 km/h.

Le 15 août 1953, Jacqueline Auriol est la première Européenne à franchir le mur du son, à bord d’un Mystère II. Le 20 avril 1954, elle entre à l’École du per-sonnel navigant d’essais et de récep-

tion (EPNER) et en sort le 18 novembre · Un Mystère II.

1955, brevetée pilote d’essai. Elle intègre ensuite le célèbre Centre d’es-sais en vol de Brétigny-sur-Orge.

Dassault Aviation - Droits réservés

En compétition avec Jacqueline Cochran, elle reprend le record de vitesse en circuit fermé avec 1 151 km/h sur Dassault Mystère IV. Le 7 avril 1961, l’Américaine Cochran porte le record à 1 262 km/h sur T-38 Talon. Le 22 juin 1962, Jacqueline Auriol porte le record à 1 849 km/h sur Mirage III C puis, le 14 juin 1963, à 2 038 km/h sur Mirage III R.

Plus tard, elle atteint deux fois le mur du son à 2 030 km/h sur Mirage III. Jacqueline Auriol est également la première femme invitée aux vols d’endurance sur Concorde.

En 1966, elle bat un nouveau record entre la

France et la Côte d’Ivoire. Une grande récep- · Un Mirage III.

tion lui est réservée par le président Félix

Houphouët-Boigny.

Jean-Pierre Bruneau

Jacqueline Auriol est Grand Croix de la Légion d’honneur, Grand Croix de l’Ordre du Mérite, commandeur du mérite sportif et titulaire de nombreuses décorations étrangères.

[nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024 23

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Valérie A NDRÉ (1922 – )

Valérie André est une médecin mili-

taire et pilote d’hélicoptère française. · Le Caudron C800.

Elle est la première femme à devenir officier général en France. Elle achève sa carrière militaire avec les trois étoiles de médecin général inspecteur du Service de Santé des Armées.

Après la Seconde Guerre mondiale, Valérie André obtient son diplôme de médecine de l’université de Paris 1 pour l’année scolaire 1946-1947. Elle choisit comme sujet de thèse de doctorat la « pathologie du parachutisme », ce qui lui permet d’associer ses deux passions, aviation et médecine.

Elle encadre médicalement une préparation militaire parachutiste et effectue ses premiers sauts. Puis elle suit un cours sur planeur Caudron C800 et de vol à voile. Elle obtient son brevet de parachutisme à Bayonne en 1948, au moment où elle devient à la fois pilote et médecin militaire.

Toujours en 1948, face à une pénurie de médecins militaires, le doyen de la faculté de médecine de Paris, Léon Binet, propose aux étudiants de servir en Extrême-Orient. Valérie André rejoint donc l’Indo-chine en tant que médecin militaire avec le grade de capitaine, à l’hiver 1948-1949. Affectée au premier hôpital de My Tho, elle devient plus tard adjointe de neurochirurgie à l’hôpital de Saïgon.

Apprenant qu’elle était titulaire du brevet de para-chutiste, ses supérieurs l’amènent à suivre le cours de chirurgien de guerre puis à servir dans une zone frontalière entre l’Indochine et le Laos ne pouvant être atteinte que par parachutage.

En Indochine, Valérie André devant son

Hiller 360, équipé de deux nacelles

En 1950 de retour en France, elle obtient sa · permettant de recevoir chacune

licence de pilote d’hélicoptère à l’école de vol de · un brancard avec un blessé

Pontoise sur un appareil Hiller. Elle a le brevet n° 33 · ECPAD

de l’Aéro-club de France. De retour en Indochine, le 26 mai valÉrie andrÉ EN BREVETS

1950, elle se spécialise

dans le service d’éva- · Brevet de parachutiste militaire.

cuation médicale sur · Brevet militaire de pilote d’avion, d’hydravion, de ballon diri-

hélicoptères Hiller 360 geable, de vol à voile, de planeur et d’hélicoptère.

et Sikorsky H-34.

24 · [nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024

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Entre sa première mission, le 16 mars

1952 et son départ de l’Indochine en 1953, elle effectue 129 vols, assurant l’évacuation de 165 blessés vers des postes médicaux ou hôpitaux, sous le feu ennemi.

Le 14 avril 1952, elle devient la première femme à appon- · Maquette d’un Sikorsky H-34.

ter sur la plate-forme du porte-avions Arromanches en Baie · site War Thunder

d’Along, suite à un accident grave à bord nécessitant l’évacuation de blessés.

Le 5 septembre 1953, elle est affectée au Centre d’Essais en Vol de Brétigny-sur-Orge qui fournit une assistance médicale aux équipages. Elle obtient la qualification pour la conduite du Morane-Saulnier

MS733 Alcyon, du Nord 1101 et des hélicoptères

Djinn Aerospatiale Bell 47, Piasecki HUP, et Sikorsky

S-55, en participant à différents vols expérimentaux.

Durant cette période, elle participe à la création du laboratoire de médecine aérospatiale.

Hélicoptère Alouette II (1955)

au musée de l’Air et de l’Espace · De 1959 à 1962, elle sert en Algérie. Devenue pilote

Pline · d’hélicoptère d’activation Aérospatiale SA-318

Alouette II, Djinn, Alouette III puis Sikorsky H-34,

Un Morane-Saulnier MS.733 Alcyon

Duch.Seb

[nom] N° 1 - Janvier - Février - Mars 2024 25

Dossier

la première

Valérie André est :

  • La première femme pilote d’hélicoptère ;
  • La première femme à apponter sur un porte-avions ;
  • La première femme à devenir officier général (général de brigade puis de division) ;
  • La première femme à être élevée à la dignité de Grand Croix de l’Ordre national du Mérite.

Vertol H-21 et Sikorsky S-58 en trois ans de service, elle effectue plus de 350 missions. À la fin de la guerre en Algérie, elle revient en France et continue sa carrière d’officier du service de santé.

Valérie André est promue médecin général (général de brigade) en avril 1976, ce qui fait d’elle la première femme à devenir officier général en France. L’année de sa retraite, en 1981, elle est promue médecin général inspecteur (général de division). En fin de carrière, elle occupe les fonctions de directrice du service de santé de la 4 e puis de la 2 e région aérienne.

Admise dans la 2 e section des officiers généraux en 1981, Valérie André prend la tête de la commission d’étude prospective de la femme militaire. Elle y travaille à la promotion de l’emploi des femmes dans les forces armées et à l’égalité homme-femme au sein de l’Armée.

Elle est membre fondateur de l’académie de l’air et de l’espace de Toulouse en 1983.

En 1987, elle est élevée à la dignité de Grand

Croix de l’Ordre national du Mérite. En 1999, le président de la République Jacques Chirac l’élève à la dignité de Grand Croix de l’Ordre

national de la Légion d’honneur. Elle est la · reconnaissa nce

troisième femme à recevoir la plus haute dis-

tinction française. Elle est la femme militaire · L e 2 septem bre 2010, a

la plus décorée au monde. · d’une cérém · u cours

base aérienn onie spéciale sur la en présence e 107 Villa co ublay, aérienne Jean du général d ’armée d’état-major -Paul Paloméro s, chef

Valérie André de l’Armée d e l’Air, brevet de pil reçoit le num éro de taire n° 001 a ote d’hélicop tè re mili-à la date du 1 vec effet rétr o a ctif

1956. · 6 novembre

La générale Valérie André le jour de son 100 e anniversaire.

26 · [nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024

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Caroline A IGLE (1974 – 2007)

Caroline Aigle est pilote de chasse, commandant dans l’Armée de l’air française. Elle effectue sa préparation aux grandes écoles scientifiques au Prytanée national militaire de La Flèche (mathématiques supérieures et mathématiques spéciales M’). En 1994, elle est admise à la fois à l’École polytechnique et à l’École normale supérieure : elle choisit Polytechnique.

À l’issue de ses études à l’X, elle décide de servir dans l’Armée de l’air.

En septembre 1997, elle intègre donc celle-ci et débute sa for-mation au pilotage en ralliant la « division des vols » qui correspond à la troisième et dernière année de l’École de l’air.

Le 28 mai 1999, Caroline Aigle est brevetée pilote de chasse sur Alpha Jet à la base aérienne 705 de Tours. Elle devient ainsi, la première femme pilote de chasse de Maquette d’un Alpha Jet au Musée de l’Air

l’armée de l’Air française. Elle est ensuite affectée au · et de l’Espace.

sein d’un escadron de combat. · Photo Cathy Berjot Ben Helal/FNAM

En 2000, elle intègre la base aérienne 115 d’Orange dans l’escadron de chasse 2/5 Île-de- France et effectue sa formation sur Mirage 2000. Elle est affectée sur Mirage 2000-5 à l’esca-dron de chasse 2/2 Côte-d’Or à la BA 102 de Dijon, en 2000, puis devient commandant d’escadrille à partir de 2005 (escadrille SPA 57 Mouette).

En septembre 2006, elle est affectée à la sécurité des vols du commandement des forces aériennes de la BA 128 de Metz. Son surnom dans l’Armée de l’air est « Le Moineau ».

Musée de l’Air et de l’Espace - Aéroport de Paris-Le Bourget / Alexandre Fernandes

[nom] N° 1 - Janvier - Février - Mars 2024 27

Dossier

Caroline Aigle est également une sportive accom-plie : championne de France militaire de triath-lon en 1997, championne du monde militaire de triathlon par équipe en 1997 et vice-championne du monde militaire de triathlon par équipe en 1999. Elle est passionnée par la chute libre et le parachutisme qu’elle pratique régulièrement.

En 2007, Caroline Aigle est sur le point d’être sélectionnée comme astronaute de l’Agence

Spatiale Européenne et avait, pour cela, repris des études d’astronomie et apprenait le russe.

Mais très malade,

elle ne peut aller au · Portrait de Caroline Aigle au Musée de l’Air et de l’Espace.

Photos Cathy Berjot Ben Helal/FNAM bout de ce nouveau défi.

hommag e

l’ occasion de la

Le 8 mars 2 0 0 8 , à · roits

int e r n a t io n ale des d

Journée · u sée de l’A ir et

des femm e s , le M · rnée

, o r g a n is e une jou

de l’Espa ce · honneur pen - · Elle décède le 21 août

g e e n s o n

d’homma · e n t r e autres, une · 2007, âgée de trente-

dant laqu e ll e , · se · deux ans, d’un can-

d e f e m m es pilotes ourget au x

centaine l’aérop o r t d u B · cer foudroyant, décelé

posent à · r e n ts appare ils · quelques mois avant sa

es de d if f é

command · 5 0 , E urocopte r · disparition.

t , Falc o n

(Alpha Je euil , Gaze lle ),

0 É c u r · es · Elle totalise alors près de

AS-3 5 · é q u ip a g es militair

avec des · 1 600 heures de vol.

féminins.

28 · [nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024 · Photo Cathy Berjot Ben Helal/FNAM

Dossier

Sophie A DENOT (1982 – )

Sophie Adenot est une militaire, ingénieure et astronaute fran-çaise. Lieutenante-colonelle de l’armée de l’Air et de l’Espace, elle y est pilote d’hélicoptère puis pilote d’essai, fonction qu’elle est la première femme à occuper.

Après ses études au collège de la maison d’éducation de la Légion d’honneur à Saint-Germain-en-Laye et au lycée de

Saint-Denis des maisons d’éducation de la Légion d’honneur, · Armée de l’Air et de l’Espace

elle obtient en 2004 le diplôme d’ingénieur de l’École natio-nale supérieure de l’aéronautique et de l’espace (Supaéro) à Toulouse où elle décroche sa licence de pilote privé. Elle poursuit ses études au Massachusetts

Institute of Technology (MIT) à Cambridge où elle passe son brevet de para-chutisme sportif.

En octobre 2005, elle est admise sur titre à l’École de l’air de Salon-de- Provence en tant qu’élève officier de l’air. Elle obtient sa licence de pilote de planeur, avant de poursuivre en tant que pilote d’hélicoptères. Elle est affectée en 2008 à l’escadron d’hélicoptères 1/67 Pyrénées où

elle pilote des hélicoptères Caracal · Un hélicoptère Caracal

pour des opérations de secours · de l’armée française.

militaires. · Dylan Agbagni

Retouche : Cathy Berjot Ben Helal/FNAM

En 2017, elle intègre l’école du personnel navigant d’essai et de réception et devient, en 2018, la première femme pilote d’essai sur hélicoptères en France. Elle s’inscrit dans le même parcours que Jacqueline Auriol, pionnière de l’aviation française, qui était la première femme française pilote d’essai sur avions à réaction. De 2019 à 2022, elle exerce en tant que pilote d’essai au sein de la DGA Essais en vol. En 2022, elle cumule

3 000 heures de vol sur 22 types d’hélicoptères.

Le 23 novembre 2022, elle est nommée astronaute par l’Agence spa-tiale européenne. Le 22 avril 2024, la colonel Sophie Adenot a reçu son brevet d’astronaute de l’ESA (European Space Agency) après sa forma-tion de base au sein du Centre des astronautes européens de l’ESA à Cologne (Allemagne). Elle est la première aviatrice française à décro-cher ses « Ailes » d’astronaute et sera la deuxième femme française à aller dans l’espace après Claudie Haigneré.

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Dossier

Ailleurs dans le monde

Partout dans le monde, nous trouvons de nombreux exemples de femmes, pionnières de l’aviation, aventurières pulvérisant des records ou autres. En voici six exemples.

Lydia Z VEREVA (1890 – 1916)

Lydia Vissarionovna Zvereva, surnommée « Mademoiselle Z » est une aviatrice russe qui trouve sa vocation en s’inspirant des exploits de l’avia-trice française, Élise Deroche. Elle obtient son brevet de pilote n° 31 à l’Aéroclub impérial de Russie en août 1911. Elle est officiellement la pre-mière femme à recevoir un brevet de pilote de l’Empire russe et la huitième au monde.

En 1913, elle ouvre avec son époux son école de pilotage à Riga, organisant également un atelier de réparation et de construction d’avions. Le 19 mai 1914, elle se trouve à bord d’un monoplan Morane, piloté par Evgueni Chpitsberg qui opère une « boucle » réussie au dessus du public. Lydia Zvereva était connue pour sa témérité. Ayant échappé à plusieurs reprises à la mort dans le ciel, elle est décédée du typhus le 16 mai 1916, à seulement [âge].

Bessie C OLEMAN (1892 – 1926)

Bessie Coleman est une aviatrice américaine. Elle est la première femme noire au monde à pouvoir piloter et la première personne d’origine afro-américaine et amérindienne à détenir une licence de pilote, obtenue en 1921. En raison de la ségrégation raciale, aucune école de pilotage n’accepte d’enseigner à Bessie Coleman les bases du pilotage. Elle apprend à piloter en France, à l’École de pilotage Caudron du Crotoy. Elle trouve la mort au cours de la préparation de l’un de ces spectacles à Jacksonville en Floride. À la suite d’une vrille précédant le crash de son appareil, elle est éjectée de l’appareil et s’écrase au sol.

Amelia E ARHART (1897 – 1937)

Amelia Mary Earhart, connue également sous le nom de Lady Lindy, est célèbre notamment pour avoir été, en juin 1928, la première femme à tra-verser l’océan Atlantique en avion puis, en 1932, la première femme à le traverser en solitaire. Le 11 janvier 1935, elle réalise le tout premier vol en solitaire d’Hawaï à la Californie.

Amelia Earhart disparaît le 2 juillet 1937, après avoir été vue pour la dernière fois à Lae en Papouasie-Nouvelle-Guinée alors qu’elle tentait, avec son navigateur Fred Noonan, de faire le tour du monde par l’est, en passant par l’équateur, sur un bimoteur Lockheed Electra 10-E22.

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Jacqueline C OCHRAN (1906 – 1980)

Jacqueline Cochran est une aviatrice américaine, pionnière de l’aviation.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle crée et commande le corps des Women Airforce Service Pilots (WASP). Elle est la première femme à tra-verser l’Atlantique Nord aux commandes d’un bombardier. Entre 1947 et 1951, elle bat onze nouveaux records. Elle atteint 1 049 km/h le 18 mai 1953 et bat ainsi le record de vitesse alors détenu par sa rivale et amie Jacqueline Auriol. Jacqueline

Cochran continue à battre six records aux commandes de son Sabre. En 1964, à [âge], elle réalise sa meilleure performance ; elle bat le record de vitesse en franchissant 2 095 km/h.

Lee X IAQING (1912 – 1998)

Li Xiaqing ou Lee Ya-Ching est une actrice, une pionnière de l’aviation chinoise, ainsi qu’une philanthrope patriote. En 1934, elle est la première femme à obtenir sa licence de pilote à Genève-Cointrin, en 1935 la première femme pilote diplômée de l’école d’aéronautique de Boeing et, en 1936, la pre-mière femme chinoise à obtenir sa licence de pilote en Chine, remise par le général Tchang Kaï-chek en personne. Elle fonde la première école d’aviation civile Shanghai

Municipal Air School. Durant la guerre sino-japonaise de 1937, elle se révèle philanthrope et continuera, jusqu’en 1945, à réunir des fonds pour les réfugiés.

Touria C HAOUI (1936 – 1956)

Touria Chaoui est la première femme marocaine et du Maghreb à devenir pilote d’avion.

Grâce à la ténacité et aux relations de son père, elle entre dans la seule école de pilotage de la base de Tit Mellil, dans la région de Casablanca. Malgré les obstacles, elle obtient son brevet de pilotage le 17 octobre 1951. Les jour-naux relatent l’événement. Touria Chaoui reçoit les félicitations de toutes les organisations féminines. Elle reçoit aussi, entre autres, une lettre et une photo dédicacée de Jacqueline

Auriol. Elle fonde l’Aéro-Club royal. Elle s’investit également dans une association d’alpha-bétisation et de formation professionnelle de jeunes femmes. Le 1 er mars 1956, la veille de l’indépendance, alors qu’elle n’a que [âge], elle est assassinée devant le domicile familial.

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Dossier

Remerciements

La rédaction de [nom] remercie particulièrement le Musée de l’Air et de l’Espace pour son accueil, la visite com-mentée de l’Exposition Les années folles de l’aviation, les nombreuses informations communiquées ainsi que pour les visuels mis à disposition.

Outre la présentation de nombreux avions, hélicoptères, satellites et engins spatiaux, le Musée de l’Air et de l’Espace propose des activités temporaires ou permanentes.

Perche aux étoiles – 15 juin 2024

En lien avec les Jeux olympiques et paralympiques de Paris

2024, le musée de l’Air et de l’Espace propose un meeting sportif pour prendre de la hauteur le samedi 15 juin. Le saut à la perche sera ainsi à l’honneur. Sur toute une journée, les spectateurs auront la chance d’assister à une compétition de saut à la perche qui pourrait représenter l’une des dernières occasions pour les perchistes de décrocher leur ticket pour les JO. Le champion olympique Renaud Lavillenie a déjà confirmé sa participation.

Ciné Tarmac – Du 5 au 7 juillet 2024

Cet été, le cinéma est de retour sur le tarmac du musée de l’Air et de l’Espace sur trois dates pour lancer la saison esti-vale : trois projections en plein air sur le fuselage du Boeing

747 du musée, au bord des pistes de l’aéroport de Paris-Le

Bourget ! Des animations seront proposées avant la projec-tion de films.

Pour en savoir +

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30 PRIX e

DE LA MÉMOIRE

ET DU CIVISME

[nom] N° 2 - Avril - Mai - Juin 2024 33

30 e PRIX DE LA MÉMOIRE ET DU CIVISME

Discours d’ouverture de Mme Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale

(Extraits)

Pour la 30 e remise des prix de la Mémoire et du Civisme, la Fédération nationale André-Maginot a souhaité un lieu hautement symbolique de la République française : je suis donc très heureuse, mais aussi honorée, de vous recevoir aujourd’hui dans cette presti-gieuse galerie des Fêtes, à la présidence de l’Assemblée nationale.

Votre fédération méritait cet égard. (...)

Vous accueillir ici me donne ainsi l’occasion de rappeler qu’André

Maginot fut un brillant député, trop souvent réduit à la ligne de for-tifications à laquelle fut donné son nom, trois ans après sa mort. (...)

Je veux [...] féliciter d’avance les jeunes lauréats ici présents, mais aussi l’ensemble des candi-dats ainsi que les enseignants et les organisateurs dont je salue le dévouement. (...)

En France, il est important de faire connaître au pays tout entier, aux jeunes en particulier, les difficiles missions que remplissent au quotidien nos soldats, garants de notre sécurité et de notre souveraineté.

(...)

Car le lien armée-Nation est aussi très fort dans l’enceinte même de l’Assemblée nationale :

le Palais-Bourbon, en effet, constitue une place militaire en soi, dont la Garde républicaine assure la sécurité, au service de l’autorité civile que je représente.

Avec la Garde républicaine, nous honorons chaque année la mémoire des députés morts pour la France, dont les noms sont gravés sur les deux monuments aux morts de la salle des Quatre-Colonnes, ainsi que sur les plaques commémoratives apposées sur leur ancien siège, dans l’hémicycle.

Et tout près de nous, dans ce jardin, une plaque entretient le souvenir de sept jeunes résis-tants, jugés ici même sous l’Occupation, puis fusillés au Mont-Valérien. Chaque année, en mars, une cérémonie est organisée pour qu’ils ne soient jamais oubliés.(...)

Petite-fille d’un combattant

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