Juillet 2026
Courrier
[nom]
15
Rédaction en chef
[nom]
Contribution
Insee : Lino Galiana, Olivier Lefebvre, Thomas Lellouch, David Levy, Clotilde Masson, Hervé Piffeteau
Cour [nom] comptes : Benjamin Belrhomari, Lauriane Martzel, Lisa Menez, Léo Zabrocki-Hallak
Drees : Pierre-Yves Cabannes
Eurostat : Pierre Bischoff
Université de Lille : Béatrice Touchelay
Directeur de la publication
Fabrice Lenglart
Directeur de la collection
Pascal Rivière
Rédaction
Solenn Ily, Emmanuelle Nauze-Fichet, Yann Quélennec, Pascal Rivière
Composition
Agence Efil
[adresse]
37 000 Tours
[téléphone]
[lien]
Photo de couverture
Getty Images
Éditeur
Institut national de la statistique et [nom] études économiques
[adresse]
92541 MONTROUGE CEDEX
[lien]
Insee 2026 « Reproduction partielle autorisée sous réserve de la mention de la source et de l’auteur ».
Courrier [nom] N15
SOMMAIRE
Présentation du numéro
Pascal Rivière.................................................................................................................................................... 4
Enquêter les personnes sans domicile – Quand la statistique publique rencontre un terrain inhabituel
Pierre-Yves Cabannes et Thomas Lellouch..................................................................................................... 9
De nouvelles nomenclatures d’activités – Les classements en théorie et en pratique
Clotilde Masson.............................................................................................................................................. 31
Le système statistique européen – 2004-2015 : une période de crises et de consolidations
Pierre Bischoff et Hervé Piffeteau................................................................................................................. 53
Une source harmonisée pour mesurer le tourisme européen – Les données de plateformes collectées par Eurostat
David Levy....................................................................................................................................................... 73
Qu’apportent les métiers de la data à la statistique publique ?
Lino Galiana et Olivier Lefebvre.................................................................................................................... 95
Extension du domaine de la statistique : les évaluations de politiques publiques à la Cour [nom] comptes
Benjamin Belrhomari, Lauriane Martzel, Lisa Menez et Léo Zabrocki‑Hallak........................................... 117
Les [nom] coloniales et leurs archives
Béatrice Touchelay....................................................................................................................................... 139
COURRIER [nom] N15 - JUILLET 2026 - INSEE · 3
PRÉSENTATION DU NUMÉRO
À quoi sert la statistique publique ? Fondamentalement, elle sert à poser les bases d’une information de qualité à même d’éclairer de manière objective et rigoureuse le débat public.
Comment procéder pour y parvenir ?
Il faut déjà collecter les données élémentaires. À cette fin, le système statistique public réalise régulièrement [nom] enquêtes sur le terrain. Certaines ont fait l’objet d’articles dans les précédents numéros du Courrier [nom], comme l’enquête Trajectoires et Origines [N8] ou l’enquête Emploi [N6]. De telles opérations sont nécessaires : elles permettent d’obtenir, parfois dans [nom] conditions difficiles, [nom] données qui ne sont présentes dans aucune base de données administrative, ni même privée.
Dans ce numéro, Pierre-Yves Cabannes et Thomas Lellouch nous présentent une enquête particulièrement emblématique, terriblement exigeante, qui fait l’honneur de la profession : l’enquête Sans domicile, menée au printemps 2025. Une telle opération, hors normes, ne peut en aucun cas reprendre une démarche standard et il a fallu concevoir pour elle une méthodologie sur mesure, tenant compte de la diversité [nom]
situations. L’originalité concerne de multiples aspects de l’enquête : le fait de passer par l’intermédiaire de services d’aide, la grande variabilité [nom] configurations de terrain (hébergements, distributions de repas, accueils de jour et services itinérants), les « questionnaires qui parlent » en 21 langues, etc. La collecte a mobilisé près de 1 000 agents, pour un total de 17 000 entretiens. La complexité de sa mise en œuvre rend compte de la tension permanente entre exigence méthodologique et contraintes opérationnelles. Elle explique la rareté du dispositif, la dernière enquête équivalente datant de 2012. Dire que les résultats sont très attendus relève de l’euphémisme !
Pour nourrir le débat public, il faut par ailleurs s’appuyer sur une architecture solide permettant la comparabilité dans l’espace et le temps. Cela veut dire par exemple [nom]
concepts partagés, stables, éprouvés. Un autre pilier majeur d’un fonctionnement professionnel et maîtrisé, ce sont les nomenclatures. Discrètes mais puissantes, elles irriguent les [nom] publiques. On peut citer les nomenclatures socioprofessionnelles
[N4], d’infractions [N7], mais aussi de catégories juridiques, de maladies…
Clotilde Masson nous parle ici d’une nomenclature jouant un rôle tout à fait majeur : la nomenclature d’activités. Sans elle, pas de secteurs ni de branches d’activité, qui sont centraux dans la grammaire de la statistique d’entreprise et de la comptabilité nationale.
L’auteure décrit d’abord ce qu’est une nomenclature en général : c’est un objet riche, qui ne se limite pas à une liste de catégories, fût-elle structurée de façon arborescente. Celle
[nom] activités existe depuis fort longtemps, et elle a évolué au gré [nom] transformations du monde qu’elle est censée représenter. Une nouvelle version de la nomenclature d’activités, c’est un événement très rare, qui a lieu tous les 10-15 ans, et qui s’appuie sur une préparation considérable. En particulier, depuis 1993, la nomenclature française est imbriquée dans celle de l’Europe, elle-même articulée avec celle [nom] Nations Unies.
Inévitablement, le résultat est fait de multiples compromis.
Si l’on veut que les [nom] publiques soient considérées comme une référence, il est nécessaire qu’elles inspirent confiance, qu’elles offrent [nom] garanties de neutralité, de
4 · PRÉSENTATION DU NUMÉRO
transparence, de qualité. Cela requiert une capacité à se remettre en cause, et un cadre institutionnel solide : le Conseil national de l’information statistique (Cnis) [N6], le Comité du label [N5], l’Autorité de la statistique publique [N5], les revues par les pairs [N12].
Pierre Bischoff et Hervé Piffeteau montrent que cette confiance n’est pas un acquis immuable : elle se conquiert par le professionnalisme, mais un grain de sable peut la remettre en cause, et la rétablir est alors une conquête. Leur article est le deuxième volet d’une série chronologique de trois papiers sur le système statistique européen, dont le premier volet s’achevait en 2003. Notre grain de sable fait irruption en 2004 et c’est un gros grain : c’est la crise grecque, avec la falsification [nom] comptes publics. Toute la statistique européenne s’en retrouve fragilisée. En raison de cette crise, mais pas seulement, l’Europe met en place une liste de principes (neutralité, transparence…) qui composent un « code de bonnes pratiques ». Celui-ci donne un cadre à l’ensemble [nom]
instituts nationaux de statistique (INS), qui demeure important aujourd’hui. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines, car un deuxième grain de sable, en l’occurrence une deuxième crise grecque, secoue l’édifice en 2009. Il conduit à consolider le code de bonnes pratiques, et notamment à s’assurer de sa bonne utilisation. Difficiles à vivre, ces crises n’en ont pas moins été fécondes pour consolider l’architecture institutionnelle [nom]
[nom], et notamment sa législation par l’élaboration d’une nouvelle loi statistique européenne.
Produire [nom] utiles au débat public, c’est aussi innover, en permanence, pour tenir compte [nom] évolutions de l’environnement et du champ [nom] possibles. L’innovation peut passer par de nouvelles sources de données [N13] : les données de caisse [N3], les comptes bancaires [N12], la téléphonie mobile [N13], les transactions bancaires [N13].
L’article de David Levy porte ainsi sur une source de données privées essentielle pour compléter les [nom] du tourisme : les données de plateformes (Airbnb, Booking, Expedia, Tripadvisor). Ici, l’innovation est aussi institutionnelle : après quelques expérimentations disparates, aux succès variables, c’est Eurostat qui a pris la main, jouant de fait un rôle de producteur de données utilisées par les INS, à front renversé. C’est d’autant plus légitime que ces plateformes de réservation ne se prêtent pas facilement à un découpage en pays : l’Europe semble la bonne maille. Envisager d’utiliser ces données nécessite toute une phase de préparation avec chacun [nom] opérateurs, qui se matérialise in fine par [nom] conventions. Les données de plateforme complètent très utilement le dispositif d’observation du tourisme sur un domaine difficile à appréhender : les locations de courte durée entre particuliers. Néanmoins, ce partenariat public-privé soulève [nom]
défis structurels : dépendance aux accords volontaires, opacité relative [nom] algorithmes de gestion [nom] plateformes et absence d’identifiant unique pour traiter les doublons de capacité d’hébergement. Pour l’avenir, un travail de consolidation s’impose.
L’innovation, nécessaire, ne se limite pas aux sources d’information. Elle renvoie aussi aux méthodes et environnements de travail [nom] professionnels de la donnée. Dans le contexte de développement massif [nom] traces numériques liée à l’activité, on assiste depuis quelques années à une évolution profonde, inspirée par les apports de la data science : nouvelles infrastructures comme le SSPCloud [N7], nouveaux formats [N9], processus plus standardisés d’intégration de données administratives [N9].
COURRIER [nom] N15 - JUILLET 2026 - INSEE · 5
Lino Galiana et Olivier Lefebvre s’intéressent aux implications sur nos manières de travailler. Cette nouvelle discipline engendre progressivement une transformation en profondeur [nom] métiers et l’émergence de nouveaux profils spécialisés : data analysts, data scientists, data engineers. La statistique publique ne peut ignorer ces transformations :
elle s’attache à les mettre au service de ses missions, dans le respect de ses valeurs.
La révolution de la data science favorise un rapprochement [nom] compétences entre directions métiers et informatiques, au profit par exemple de la capacité à associer
[nom] données de formes et de natures diverses pour répondre à de nouveaux besoins, avec une exigence renforcée de transparence, un nouvel impératif de réplicabilité…
Mais cela représente aussi un défi d’adaptation continue, dans un environnement où les besoins, les outils et les méthodes évoluent rapidement. L’Insee et les services
[nom] ministériels se sont dotés d’infrastructures et d’organisations pour explorer, expérimenter, industrialiser et maintenir ces nouveaux processus.
Tout en adoptant ces nouvelles manières de travailler et en mobilisant ces nouvelles sources, on peut également innover institutionnellement, et aller au-delà du champ bien balisé de la statistique publique. Ainsi, depuis plusieurs années, [nom] pôles de science [nom]
données, appelées aussi pôles data, se sont développés dans plusieurs inspections, par exemple à l’inspection générale [nom] finances (IGF) [N13] et à l’inspection générale [nom]
affaires sociales (IGAS) [N13]. Leur fonction est différente, puisque leur rôle est avant tout d’aider à l’élaboration, au pilotage et à l’évaluation de politiques publiques sur [nom]
sujets souvent très ciblés.
Benjamin Belrhomari, Lauriane Martzel, Lisa Menez et Léo Zabrocki‑Hallak nous parlent dans ce numéro de la data science à la Cour [nom] comptes. Les juridictions financières
- Cour [nom] comptes et Chambres régionales et territoriales [nom] comptes – ont depuis 2008, en plus de leurs missions historiques (contrôler, juger, certifier), une mission d’évaluation [nom] politiques publiques. À cette fin, elles ont de plus en plus recours à l’analyse statistique comme élément de démonstration dans leurs rapports. Celle‑ci leur permet d’aller plus loin dans leur appréciation du bon usage de l’argent public.
Le département d’analyse et de science [nom] données de la Cour [nom] comptes, de par le positionnement de celle-ci, possède la particularité de pouvoir accéder à de très nombreuses sources administratives. C’est une équipe conséquente de data scientists et data analysts, ayant déjà plusieurs années d’expérience. Elle emprunte son cadre conceptuel et ses méthodes à la recherche tout en conservant l’essentiel de ses propres normes et procédures. Comme c’est le cas pour les pôles data [nom] inspections, elle est soumise à une exigence de rapidité, qui modifie la manière d’appréhender les sujets par rapport aux démarches de la statistique publique.
Enfin, nourrir le débat public, c’est aussi s’inscrire dans le temps long, comme on a pu le voir avec l’histoire du lien entre statistique publique et débat démocratique depuis la naissance de l’Insee [N9 et N11], celle de la statistique européenne depuis l’origine [N14], ou celle [nom] échanges de données et publications [nom] depuis le XIX e siècle [N14].
Béatrice Touchelay remonte ici au XIX e siècle pour s’intéresser à un sujet parfois oublié, celui de la statistique dite « coloniale ». Les archives, et en particulier certaines déposées très récemment, apportent un éclairage original sur la manière de réaliser [nom]
au temps de l’empire colonial : on y trouve [nom] lettres de responsables mais aussi
6 · PRÉSENTATION DU NUMÉRO
d’enquêteurs, [nom] tableaux de suivi, [nom] parcours de collecte… On constate, avant la Seconde Guerre mondiale, la difficulté à mettre en place une organisation adéquate dans les territoires pour produire [nom] harmonisées, faute de moyens et de compétences, voire de sensibilité aux enjeux. On voit aussi à quel point les concepts, les nomenclatures, se fondent implicitement sur une vision du pays colonisateur pouvant se révéler très décalée par rapport à la réalité du terrain.
Ce numéro N15 met ainsi en lumière de multiples facettes d’une profession qui a vocation à rendre compte de façon objective et aussi rigoureuse que possible du monde qui l’entoure : grandes enquêtes, grandes nomenclatures, contexte institutionnel européen, nouvelles sources de données, nouvelles démarches et environnements de travail, entités voisines de la statistique publique, et pour finir une description historique nous apportant en creux un recul utile sur les exigences et limites du métier.
Bonne lecture !
Pascal Rivière
Directeur de la collection, Insee
COURRIER [nom] N15 - JUILLET 2026 - INSEE · 7
8 · PRÉSENTATION DU NUMÉRO
Enquêter les personnes sans domicile
Quand la statistique publique rencontre un terrain inhabituel
Pierre-Yves Cabannes * et Thomas Lellouch **
Comment dénombrer et décrire une population qui, par définition, échappe aux cadres habituels de la statistique publique ? L’enquête Sans Domicile, menée en 2025 par l’Insee et la Drees, relève ce défi en interrogeant directement les personnes sans domicile à partir [nom] services d’aide qu’elles fréquentent. Faute de base de sondage, le dispositif repose sur un échantillonnage à plusieurs degrés : agglomérations, services d’aide et individus. Il s’appuie également sur la mise en place de protocoles adaptés à [nom] configurations de terrain très variées (hébergements, distributions de repas, accueils de jour et services itinérants dits « d’aller-vers »), ainsi que sur
[nom] outils spécifiques pour enquêter les personnes non francophones. La collecte, qui a mobilisé au printemps 2025 près de 1 000 agents et permis de réaliser environ
17 000 entretiens, illustre la tension permanente entre exigence méthodologique et contraintes opérationnelles. Au-delà [nom] résultats très attendus sur les personnes sans domicile (nombre, profils, conditions de vie, parcours), l’édition 2025 apporte un retour d’expérience inédit sur les conditions concrètes nécessaires pour produire
[nom] données fiables sur les personnes vivant hors [nom] logements ordinaires.
How to count and describe a population that, by definition, falls outside the usual boundaries of official statistics? The national Homeless Survey (Enquête Sans Domicile), jointly conducted in 2025 by INSEE and the Directorate of Research, Studies, Evaluation and Statistics (DREES), adresses this challenge by reaching homeless people directly through the support services that they use. As there is no conventional sampling frame, the study relies on a multi-stage sampling design:
urban areas, support services and individuals. It also uses protocols adapted to a wide range of field settings (shelters, meal distribution services, day centers and outreach services) as well as tools specifically designed to survey non French-speaking individuals. The data collection involved nearly 1,000 staff and resulted in around 17,000 interviews in the spring of 2025. It highlights the constant tension between methodological requirements and field constraints. Beyond the long-awaited findings on the homeless population — including numbers, profiles, living conditions and trajectories — the 2025 edition provides unprecedented insight on the practical requirements for producing high-quality data on individuals who do not live in ordinary dwellings.
- Chef du bureau Lutte contre l’exclusion, Drees.
[e-mail]
** Directeur de projet [nom] de la grande pauvreté, DSDS, Insee.
[e-mail]
COURRIER [nom] N15 - JUILLET 2026 - INSEE · 9
Qui sont les personnes sans logement en France, quelles sont leurs conditions de vie, et combien sont-elles ? Ces questions reviennent régulièrement dans le débat public, au détour d’un reportage lors d’un hiver rigoureux, ou dans les débats politiques avant les élections.
Elles paraissent à la fois simples à poser, et essentielles pour mieux connaître la situation [nom]
personnes les plus exclues de notre société. Y répondre de manière rigoureuse constitue néanmoins l’un [nom] défis les plus complexes auxquels la statistique publique est confrontée.
Les personnes sans domicile échappent aux dispositifs classiques de connaissance statistique, en particulier les enquêtes en population générale. L’absence de logement stable et la forte mobilité [nom] personnes entre les situations supposent donc d’adapter profondément les méthodes [nom]
habituelles, pour produire une connaissance
Les personnes sans · approfondie de ces publics.
domicile échappent
aux dispositifs classiques · Face à ce défi, la France a fait un choix original :
de connaissance · interroger directement les personnes sans
statistique, en particulier · domicile à travers une enquête statistique
les enquêtes en · nationale dédiée : l’enquête Sans Domicile 1 .
population générale. · Réalisée en 2001 et en 2012 par l’Insee et l’Institut
national [nom] études démographiques (Ined) 2 , puis en 2025 par l’Insee et la Direction de la recherche,
[nom] études, de l’évaluation et [nom]
(Drees) 3 , elle constitue un dispositif singulier, exigeant et ambitieux. Cet article revient sur les principes, les enjeux et les choix méthodologiques de cette enquête, en montrant comment elle tente de concilier rigueur statistique et contraintes concrètes de terrain.
Personnes sans abri, personnes sans domicile :
de qui parle-t-on ?
Avant de parler de méthodologie d’enquête, la première question est celle de la définition du public cible. D’un point de vue sémantique, la catégorie [nom] « sans domicile » est définie en creux, par l’absence de domicile. C’est donc une catégorie très hétérogène, puisqu’on part de situations vécues par les personnes à un moment donné, et non de caractéristiques communes [nom] personnes elles-mêmes.
Plusieurs questions se posent pour préciser de manière statistique les contours de cette catégorie. Comment définir l’absence de domicile ? Doit-on privilégier une approche du domicile plutôt « physique » (un toit sur la tête et [nom] équipements de base), « légale »
(en lien avec le statut d’occupation) ou « sociale » (qui renvoie à la notion de se sentir « chez soi ») ? Quelle référence temporelle choisir : une photographie à un instant donné ou une observation sur une période de référence ?
1 Le nom officiel de l’enquête, tel que validé par le Comité du label de la statistique publique (Christine et Roth, 2020), est « enquête auprès [nom] personnes fréquentant [nom] services d’aide », compte tenu de la méthodologie d’enquête et du champ atteint par cette dernière (voir infra).
2 Sur les résultats [nom] éditions de 2001 et 2012, voir notamment Brousse (2006a), Join-Lambert (2006), Yaouancq et al. (2013), Yaouancq et Duée (2014).
3 La Drees est le service statistique ministériel dans les domaines de la santé et [nom] solidarités. La description de l’enquête de 2025 a fait l’objet d’un article dans le blog de l’Insee (Lellouch et al., 2025). Voir également le lien suivant :
[lien]
10 · Enquêter les personnes sans domicile –
Quand la statistique publique rencontre un terrain inhabituel
Entre 1993 et 1996, le groupe de travail du Conseil national de l’information statistique
(Cnis) 4 sur les personnes sans abri s’est penché sur ces questions (Cnis, 1996). Il a établi une classification générale [nom] situations de précarité de logement reposant sur quatre dimensions : l’aspect physique de l’habitat, le statut d’occupation, la qualité du logement et la stabilité/précarité (au sens temporel, c’est-à-dire la garantie ou non de pouvoir demeurer dans son logement au-delà d’une certaine durée). En 2011, le groupe de travail du Cnis sur le mal-logement a mis à jour cette classification et l’a enrichie avec deux autres dimensions : l’environnement du logement et l’adéquation entre le logement et le ménage qui l’occupe (Join-Lambert et al., 2011).
Pour définir le champ [nom] personnes sans domicile, la statistique publique s’est concentrée uniquement sur les deux premières dimensions (type d’habitat et statut d’occupation), notamment pour [nom] raisons opérationnelles 5 , et a stabilisé dans les années 2000 la définition statistique de deux grandes catégories de situations « à un moment donné » (figure 1) : celle [nom] personnes sans abri, dormant dans la rue ou dans un autre lieu non prévu pour l’habitation (voiture, jardin public, gare, parking, etc.), et celle [nom] personnes sans domicile, qui inclut aussi les personnes mises à l’abri dans le cadre d’un dispositif d’hébergement (en centre collectif, à l’hôtel ou dans un logement ordinaire) 6 . Une catégorie plus large de personnes sans logement personnel a également
X Figure 1 - Les différentes situations [nom] personnes sans domicile
Sans domicile
Places d’hébergement dispersées
dans le logement ordinaire · Places d’hébergement
regroupées en centre collectif
Places d’hébergement
à l’hôtel · Sans abri
À la rue
Autre lieu non prévu pour l’habitation
(gare, jardin public, parking...)
4 La mission principale du Cnis est d’assurer la concertation entre les producteurs et les utilisateurs de la statistique publique. Anxionnaz et Maurel (2021) décrivent le rôle et le fonctionnement de cette instance.
5 Marpsat (2007) détaille les choix ayant conduit à retenir cette définition ; elle évoque une définition « au sens restreint ».
6 La définition [nom] populations « sans domicile » et « sans abri » fait l’objet d’un article du blog de l’Insee (Albouy et al., 2021). Elle est également explicitée dans le document méthodologique de l’enquête de 2001 (Brousse, 2006b).
COURRIER [nom] N15 - JUILLET 2026 - INSEE · 11
été définie et permet d’inclure d’autres situations d’exclusion vis-à-vis du logement 7 .
Cette classification 8 n’épuise pas la question [nom] situations frontières entre les catégories, qui évolue avec le temps, et sera éclairée par la publication [nom] résultats de l’enquête
Sans Domicile 2025.
D’autres pays ont élaboré leurs propres définitions. L’harmonisation internationale est complexe, car les contours [nom] catégories sont nécessairement articulés avec les dispositifs nationaux de prise en charge [nom] personnes à la rue. [nom] avancées significatives ont néanmoins eu lieu au niveau européen. Ainsi, en 2007, la Fédération européenne d’associations nationales travaillant avec les sans-abri (Feantsa) a mis au point une « typologie de l’exclusion liée au logement » appelée ETHOS (pour European
Typology on Homelessness and housing exclusion). Cette typologie définit une gradation
[nom] situations d’absence de logement ou de mal-logement (sans abri, sans logement, logement précaire, logement inadéquat), illustrant par là même le continuum [nom]
situations vis-à-vis du logement 9 .
Connaître les personnes sans domicile : une difficulté inhérente au public cible
Une fois précisée la définition du public cible, comment recueillir de l’information le concernant ?
La difficulté à connaître statistiquement les personnes sans domicile tient d’abord à la nature même de leur situation résidentielle : il n’existe pas de liste exhaustive de lieux d’habitation à partir de laquelle tirer un échantillon représentatif. Autrement dit, il n’y a pas de « base de sondage ». Les méthodes classiques d’enquêtes en population générale, qui sélectionnent les individus à partir d’un répertoire de logements, apparaissent donc inopérantes. Par ailleurs, l’absence de logement stable implique une forte mobilité [nom]
personnes et [nom] situations : les personnes peuvent alterner plusieurs fois entre rue, hébergement d’urgence ou hébergement chez un tiers. Cette instabilité rend également très complexe le dénombrement précis de cette population.
Ces difficultés ne sont pas propres à la France. Partout, les instituts [nom], les pouvoirs publics et les chercheurs se heurtent à [nom] obstacles similaires pour dénombrer et/ou décrire la population sans domicile. [nom] approches variées ont ainsi été développées pour tenter de contourner ces obstacles 10 (encadré 1).
Le recensement de la population réalisé dans chaque pays a vocation à couvrir l’ensemble de la population résidant sur le territoire, y compris donc les personnes sans domicile. Mais la méthode de collecte sépare les personnes sans abri du reste [nom]
7 Cette catégorie inclut notamment la situation de personnes contraintes de dormir à l’hôtel à leurs frais, d’être hébergées chez [nom] particuliers ou d’occuper un logement sans titre (Rougerie, 2020).
8 Pour une discussion sur les enjeux de cette catégorisation, voir par exemple Loison (2023), et Mercier et Montigaud
(2025).
9 Voir le lien [lien] Cette approche globale du mal-logement est également portée par la Fondation pour le Logement [nom] Défavorisés (anciennement Fondation Abbé Pierre), qui publie chaque année un rapport sur l’état du mal-logement en France.
10 Voir notamment Marpsat et Yaouanck (2016), O’Sullivan et al. (2023), Boisseuil et Hinnekint (2025) et Organisation de coopération et de développement économiques [OCDE] (2025) pour les comparaisons internationales.
12 · Enquêter les personnes sans domicile –
Quand la statistique publique rencontre un terrain inhabituel
personnes sans domicile, et les informations collectées sont généralement limitées.
Il s’agit donc de mettre en place une approche statistique dédiée pour mesurer plus précisément le phénomène. Voici les principales méthodes utilisées en France et ailleurs :
- Comptages de rue : Il s’agit d’une opération à l’échelle locale, à un moment donné.
[nom] équipes parcourent différents secteurs d’un territoire sur une nuit ou une journée pour y dénombrer les personnes à la rue, et le cas échéant leur proposer un court questionnaire. C’est l’objet [nom] Nuits de la Solidarité en France, qui ont lieu dans plusieurs
X Encadré 1. Outils de mesure et comparaisons internationales
Les pays ont recours à [nom] méthodes diverses pour appréhender les situations [nom] personnes sans domicile, avec pour chacune [nom] atouts et [nom] limites.
Exemples · Exemples · Ce que
Approche · en France · à l’étranger · la méthode
permet
Comptage · Nuits de · Belgique, · Estimer
de rue · la solidarité · Canada, · le nombre
ponctuel · Colombie, · de personnes
États‑Unis, Italie, sans abri sur
Luxembourg, · un territoire à
Royaume-Uni · un instant donné
Enquêtes · Enquête · Allemagne, · Décrire l’offre
auprès [nom] · auprès [nom] · Danemark, · d’aide et les
structures · établissements · Espagne, · grands profils
et services en · Finlande, · de publics
faveur [nom] · Lituanie · accueillis au
adultes et · niveau national
familles en difficulté sociale
(ES-DS)
Données · SI SIAO, · Allemagne, · Suivre les
administratives logement social · Chili, Danemark, profils et les
Hongrie, · parcours au sein
Norvège, · de différents
Royaume‑Uni · dispositifs
publics
Données · Secours · Nombreuses · Décrire les
d’activité [nom] · Catholique, · associations · volumes et
associations · Restos du · dans de · profils [nom]
Cœur, Secours · nombreux pays · personnes
Populaire, · fréquentant
Banques · différentes
Alimentaires, etc. · associations
Enquête · Enquête Sans · Espagne (2005, · Décrire finement
par sondage · Domicile (2001, · 2012, 2022), · les profils,
auprès [nom] · 2012, 2025) · États‑Unis · parcours et
personnes · (1987, 1996), · conditions de vie
Italie (2011, · [nom] personnes
2014) · sans domicile
COURRIER [nom] N15 - JUILLET 2026 - INSEE
Principales
limites
Couverture partielle du champ [nom] personnes sans domicile, non‑représentativité au niveau national, peu d’informations individuelles collectées
Couverture
partielle du champ
[nom] personnes
sans domicile, pas d’interrogation
[nom] personnes
elles‑mêmes, peu
d’informations
individuelles collectées
Couverture
partielle du champ
[nom] personnes
sans domicile, pas d’interrogation
[nom] personnes
elles‑mêmes,
peu d’informations
individuelles
disponibles
Collecte décentralisée, et systèmes d’information différents selon les organismes, statistiquement non représentatif
Coût élevé, complexité
13
villes, souvent un soir d’hiver 11 . À Paris, la dernière opération menée en janvier 2026 a conduit au décompte de 3 857 personnes sans abri 12 . [nom] décomptes de ce type ont déjà eu lieu dans de nombreuses villes dans le monde.
- Enquêtes auprès [nom] responsables de structures : Les personnes sans domicile fréquentent [nom] services d’aide, par exemple les services d’hébergement ou les accueils de jour. Il est donc possible de collecter [nom] informations sur les effectifs et les profils en interrogeant les responsables de ces structures. Par exemple, en France, la Drees réalise tous les quatre ans une enquête sur le champ [nom] centres d’hébergement : l’enquête auprès [nom] établissements et services en faveur [nom] adultes et familles en difficulté sociale (ES-DS) 13 .
- Données administratives : Il existe un certain nombre de bases de données centralisées au niveau [nom] différentes administrations, qui contiennent [nom] informations sur les personnes sans domicile. En France, par exemple, le système d’information [nom] services intégrés d’accueil et d’orientation (SI SIAO) centralise l’ensemble [nom] offres et
[nom] demandes d’hébergement [nom] personnes (en urgence via le numéro 115 ou dans le cadre d’une procédure d’insertion avec accompagnement d’un travailleur social).
- Données d’activité [nom] associations : Elles permettent de capter le « pouls » de la situation réelle sur le terrain. Cependant, elles sont difficilement exploitables d’un point de vue statistique au niveau national, car le monde associatif est multiple et complexe et les personnes ont souvent recours à différentes associations.
Certaines méthodes visent avant tout à produire un ordre de grandeur du nombre de personnes sans abri, tandis que d’autres privilégient la description [nom] profils [nom]
personnes. Aucune n’offre, à elle seule, une estimation rigoureuse [nom] effectifs, [nom]
profils et [nom] conditions de vie, qui soit représentative au niveau national et qui couvre l’ensemble du champ [nom] personnes sans domicile.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le choix français d’une enquête statistique, directement auprès [nom] personnes sans domicile. Un choix finalement naturel : pour connaître une population, quoi de mieux que de l’interroger directement ?
L es objectifs de l’enquête Sans Domicile : dénombrer mais surtout mieux connaître les personnes
L’enquête a pour objectif principal de décrire les profils, les parcours et les conditions de vie [nom] personnes sans domicile. Il s’agit notamment de mieux connaître leurs caractéristiques socio-démographiques, leur état de santé, leur relation à l’emploi, leurs revenus, les violences dont elles peuvent être victimes, sujets pour lesquels une comparaison avec la population générale peut être menée. Il s’agit aussi d’aborder [nom]
difficultés spécifiques aux personnes sans domicile, comme l’accès aux services de base
(eau, alimentation, hygiène…), l’accès au logement, le recours à certaines prestations
11 Voir le guide méthodologique : Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement [Dihal] et Insee (2021).
12 Voir le lien : [lien]
13 Voir la page de la Drees dédiée à l’enquête : [lien]
06-lenquete-aupres-[nom]-etablissements-et-services-en-faveur-[nom]-adultes.
14 · Enquêter les personnes sans domicile –
Quand la statistique publique rencontre un terrain inhabituel
et services et les relations avec les associations et les organismes. Une attention toute particulière est portée aux trajectoires [nom] personnes (logement, emploi ou migrations le cas échéant) et à l’identification [nom] facteurs ayant conduit au processus d’exclusion
(par exemple, en abordant les difficultés dans l’enfance) 14 .
Moins centrale dans la conception de l’enquête mais très attendue, l’estimation du nombre de personnes sans domicile en France métropolitaine (et, en leur sein, du nombre de personnes sans abri) est un autre objectif important de l’enquête.
Les principaux enjeux et difficultés d’un projet
« hors normes »
La mise en œuvre d’une enquête statistique auprès [nom] personnes sans domicile soulève de très nombreux enjeux, qui s’ajoutent aux difficultés rencontrées dans les enquêtes classiques. Le principal d’entre eux tient à l’absence de « base de sondage », ce qui oblige à recourir à une méthodologie indirecte pour atteindre les personnes, en passant par les lieux et les services qu’elles fréquentent.
La diversité [nom] situations obser vées au sein [nom] différents lieux d’enquête
(hébergements, distributions de repas, accueils de jour, services d’aller-vers 15 , etc.)
complexifie la manière dont on va sélectionner et interroger les personnes sur le terrain.
Chaque configuration impose [nom] modalités spécifiques de contact et de tirage au sort et complique l’application de protocoles standardisés.
La proportion importante de personnes non francophones parmi la population cible constitue une difficulté supplémentaire, notamment du fait de l’impossibilité de connaître à l’avance les langues parlées par les personnes à interroger. Cela suppose de disposer d’outils de collecte adaptés.
À ces contraintes méthodologiques et techniques s’ajoutent [nom] enjeux humains et éthiques. Les personnes interrogées se trouvent souvent dans [nom] situations de grande vulnérabilité, avec parfois une forte méfiance vis-à-vis [nom] institutions. La relation d’enquête doit donc être construite avec soin, dans le respect du consentement [nom]
personnes et de la confidentialité [nom] informations recueillies. La qualité [nom] données dépend donc étroitement de la capacité [nom] enquêteurs et enquêtrices à instaurer un climat de confiance, et à adopter une posture adaptée vis-à-vis de ce public fragile.
La relation de confiance doit également être construite avec les associations.
14 Cette volonté de mieux comprendre les trajectoires se manifeste également par [nom] travaux prévus après la collecte, via [nom] post-enquêtes et [nom] appariements avec [nom] données administratives, qui permettront d’avoir [nom] éléments de parcours après l’enquête.
15 Les services d’aller-vers sont [nom] services itinérants, dont le but est d’atteindre [nom] personnes qui ne se rendent pas forcément elles-mêmes au sein [nom] dispositifs. Il peut s’agir de maraudes parcourant l’espace public pour venir en aide aux personnes sans abri, mais aussi de services intervenant dans [nom] lieux de vie informels, de type squats ou bidonvilles, pour améliorer les équipements dans ces lieux ou proposer [nom] accompagnements.
COURRIER [nom] N15 - JUILLET 2026 - INSEE · 15
U n partenariat indispensable avec les acteurs de la lutte contre l’exclusion
L’enquête Sans Domicile repose sur une relation
L’enquête · partenariale étroite avec le monde associatif et
Sans Domicile repose · institutionnel intervenant auprès [nom] personnes
sur une relation · sans domicile. Cette relation est absolument
partenariale étroite · fondamentale pour la réalisation de l’enquête.
avec le monde associatif
et institutionnel · Les associations, en particulier, ont joué un rôle
intervenant auprès [nom] · central à plusieurs étapes du dispositif. En amont,
personnes sans domicile. · elles ont été associées au recensement [nom] services
d’aide et à la constitution du questionnaire. Leur connaissance fine du terrain a été essentielle pour construire un dispositif de collecte adapté à la particularité du public cible et à l’activité [nom] services d’aide. Pendant la collecte, le rôle [nom] associations s’est révélé déterminant pour faciliter l’accès aux lieux d’enquête et l’acceptation de l’enquête. À maintes reprises, la présence [nom] équipes associatives a contribué à expliquer la démarche et à lever certaines réticences.
De son côté, la délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement
(Dihal) a soutenu fortement le projet dans le cadre d’un partenariat dédié. De nombreux autres acteurs publics (Santé publique France, Samusocial de Paris, collectivités locales, etc.), ainsi que le monde de la recherche, ont également contribué au projet et ont été associés aux travaux.
Cette relation partenariale a toutefois rendu plus difficile le processus de décision.
Les attentes [nom] acteurs de terrain peuvent différer de celles de la statistique publique, mais aussi de celles [nom] chercheurs ou [nom] administrations. Par exemple, les associations peuvent être réticentes devant un questionnaire trop détaillé et perçu comme intrusif.
Côté recherche, cependant, cela peut être vu comme une source d’information très utile.
Quant au statisticien public, il doit tenir compte de considérations essentielles pour la collecte, comme la longueur du questionnaire ou la bonne compréhension [nom] questions.
La gouvernance du projet a permis de donner un cadre de décision collectif, notamment à travers le comité scientifique de l’enquête et grâce à de nombreuses consultations bilatérales. Finalement, la co-construction du dispositif apparaît comme un équilibre difficile, mais indispensable, entre exigences [nom] et attentes [nom] partenaires.
A tteindre les personnes : une couverture largement renforcée en 2025
L’enquête Sans Domicile repose sur un principe central : atteindre les individus à travers les services d’aide qu’ils fréquentent. De ce fait, le champ réel de l’enquête est plus large que celui [nom] personnes sans domicile. En effet, certains utilisateurs [nom] services peuvent par exemple avoir un logement ou être hébergés chez un tiers. Ces utilisateurs sont aussi dans le champ de l’enquête. À l’inverse, l’enquête ne couvre pas toutes les personnes sans domicile : certaines personnes sans abri, marginalisées et/ou dans [nom] stratégies
16 · Enquêter les personnes sans domicile –
Quand la statistique publique rencontre un terrain inhabituel
d’invisibilisation, ne seront pas couvertes par l’enquête puisqu’elles ne fréquentent aucun service.
Le choix [nom] types de service s’est fait en arbitrant entre différents objectifs et contraintes :
- cibler [nom] services fréquentés dans une proportion importante par [nom] personnes sans domicile ;
- choisir [nom] services permettant d’accroître la diversité [nom] profils ;
- pouvoir disposer d’un répertoire exhaustif [nom] établissements proposant les types de service sélectionnés ;
- pouvoir établir un protocole d’enquête robuste compatible avec le fonctionnement normal [nom] services ;
- être en mesure d’assurer un bon taux de réponse pour les questionnaires individuels ;
- limiter le nombre de protocoles et la lourdeur du questionnaire.
En 2012, le champ [nom] services couverts par l’enquête comprenait essentiellement l’hébergement dans les centres et à l’hôtel 16 , hors du dispositif national d’accueil [nom]
demandeurs d’asile et réfugiés (DNA), et les distributions de repas.
En 2025, la couverture [nom] personnes sans domicile
En 2025, la couverture · s’est améliorée fortement en intégrant de nouveaux
[nom] personnes sans · types de service. Deux axes d’amélioration
domicile s’est améliorée · étaient souhaités : mieux couvrir les personnes
fortement en intégrant · sans abri et inclure les personnes hébergées au
de nouveaux types · titre du DNA.
de service.
En effet, en 2012, les personnes sans abri n’étaient atteintes que via les distributions de repas et les haltes de nuit, alors qu’une part importante [nom]
personnes sans abri ne fréquentent pas ces services. Pour l’édition 2025, les accueils de jour, les services d’aller-vers, ainsi que [nom] points fixes d’accueil en rue (sans distribution de repas) ont été ajoutés au champ de l’enquête. L’intégration [nom] services d’aller-vers a aussi permis d’intégrer un certain nombre de situations frontières, en interrogeant directement [nom] personnes vivant dans [nom] squats, campements ou bidonvilles, puisque certains services sont spécialisés sur ces lieux. Les accueils de jour permettent, eux, de passer dans de meilleures conditions [nom] questionnaires aux personnes sans abri, et avec un bon taux de réponse.
Quant aux établissements du DNA, les personnes qui y sont hébergées étaient prises en compte dans le dénombrement [nom] personnes sans domicile résultant de l’enquête de 2012, mais elles n’avaient pas été interrogées à l’époque. Tous ces nouveaux champs ont été testés sur le terrain en amont de la collecte.
16 Il s’agit notamment de l’hébergement dit « généraliste », par exemple en centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) ou en centre d’hébergement d’urgence (CHU), de l’hébergement médico-social ou de l’hébergement de familles dans le cadre de l’aide sociale à l’enfance (ASE).
COURRIER [nom] N15 - JUILLET 2026 - INSEE · 17
La couverture de l’enquête s’est aussi améliorée à d'autres niveaux. Ainsi, alors que le champ portait en 2012 sur les personnes de [âge] ou plus dans les agglomérations de 20 000 habitants ou plus, celui de 2025 porte sur les personnes de [âge] ou plus dans les agglomérations de 5 000 habitants ou plus. L’extension aux personnes de 16 et [âge]
permet notamment d’intégrer une partie [nom] mineurs non accompagnés (MNA).
Au total, le champ de l’enquête Sans Domicile de 2025 est l’ensemble [nom] personnes de
[âge] ou plus, vivant dans une agglomération de 5 000 habitants ou plus, et qui sont utilisatrices d’un [nom] services d’aide répertoriés.
Un échantillon construit en trois temps
La constitution de l’échantillon de l’enquête Sans Domicile est très particulière, à la fois car les personnes sont approchées via la fréquentation de certains services d’aide et car la dernière étape de l’échantillonnage est effectuée sur le terrain par [nom] enquêteurs ou [nom] agents de bureau.
L’échantillon de l’enquête Sans Domicile est constitué en trois temps ( figure 2).
Tout d’abord, 110 agglomérations (« unités urbaines ») 17 de France métropolitaine d’au moins 5 000 habitants ont été tirées au sort en octobre 2023. Ce tirage est à probabilités proportionnelles à la population municipale et équilibré spatialement et selon [nom] variables d’effectifs estimés de certaines catégories de personnes sans
X Figure 2 - Un échantillonnage à trois degrés
a · Premier degré · b · Deuxième degré · c · Troisième degré
d’échantillonnage · d’échantillonnage · d’échantillonnage
56 000 personnes tirées au sort contactées par les enquêteurs ou que les enquêteurs ont cherché à contacter * , ce qui
4 900 visites tirées au sort, · a conduit à 17 000 entretiens
110 agglomérations · réparties au sein · (5 600 entretiens longs
de plus de · de 3 000 services d’aide · et 11 400 entretiens courts,
5 000 habitants · différents · dont 3 000 en langue étrangère)
- Le protocole de tirage au sort [nom] individus par les agents échantillonneurs est détaillé dans la figure 3.
Note : Les chiffres indiqués dans cette figure sont arrondis à la centaine près.
17 Voir la définition au lien suivant : [lien]
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Quand la statistique publique rencontre un terrain inhabituel
domicile. Les agglomérations de plus de 200 000 habitants ont été sélectionnées d’office, de même que les agglomérations de Calais et Dunkerque. Pour ces dernières, l’enjeu était de pouvoir intégrer dans les [nom] nationales les personnes sans domicile en transit vers l’Angleterre, dont le profil est spécifique.
Un répertoire exhaustif [nom] structures portant [nom] services d’aide dans le champ de l’enquête a ensuite été constitué au sein de ces 110 agglomérations. Ces structures ont été interrogées en 2024 dans le cadre du premier volet de l’enquête, dit volet
« Structures ». Réalisé un an avant la collecte auprès [nom] personnes, par Internet ou téléphone, ce volet consiste à interroger les responsables de structures sur le type de services qu’elles proposent, les jours et horaires d’ouverture, ainsi que sur les effectifs et les grands profils [nom] publics qu’elles accueillent.
Cette opération soulève [nom] difficultés spécifiques, car les services d’aide forment un paysage institutionnel hétérogène et évolutif. Cela rend très difficile en particulier la définition d’une typologie [nom] services d’aide adaptée à la complexité [nom] différentes situations. Prenons une maraude qui fait plusieurs arrêts au cours de son parcours pour distribuer de la nourriture : doit-elle être comptabilisée en tant que distribution de repas ou en tant que service itinérant ? Il n’était ainsi pas toujours aisé de faire entrer toutes les situations dans les cases théoriquement étanches de notre typologie. Cette complexité a été in fine source de difficultés lors de la collecte sur le terrain en 2025, car le type de certains services n’avait pas toujours été correctement identifié.
Grâce aux réponses au volet « Structures », une base d’environ 6 000 services d’aide a été constituée. À partir de cette base, 4 919 « visites » 18 réparties dans 3 028 services ont été tirées au sort en janvier 2025, pour y mener le volet « Individus ». Une visite correspond à un jour d’ouverture d’un service donné. Le tirage au sort s’est fait selon une probabilité proportionnelle à l'effectif fréquentant le service estimé d’après le volet
« Structures ».
Ce tirage au sort constitue une étape clef du dispositif d’enquête, située à l’interface entre la conception méthodologique et la mise en œuvre concrète de la collecte. Certains types de service, accueillant [nom] profils spécifiques, ont ainsi été sur-représentés : c’est le cas par exemple [nom] accueils de jour ou [nom] maraudes, qui sont fréquentés par plus de personnes sans abri. La sélection [nom] services doit également composer avec [nom]
contraintes opérationnelles. Par exemple, les maraudes après minuit ou les services ouverts uniquement le dimanche ont été exclus d’emblée de la base pour [nom] raisons de faisabilité. Cette étape met une nouvelle fois en lumière la tension permanente entre rigueur statistique et faisabilité de terrain.
Enfin, le tirage au sort [nom] individus a été effectué sur le terrain au printemps 2025 par un agent échantillonneur, pendant la phase de collecte du volet Individus. Un outil
(« table de tirage ») a été fourni aux échantillonneurs afin qu’ils puissent réaliser ce tirage au sort le plus facilement possible (voir infra), même si, en pratique, la réalité du terrain s'est révélée parfois complexe.
18 Les visites (autrement appelées « service-jour ») correspondent à un jour d’ouverture d’un service donné. La base
[nom] services a été convertie en base [nom] services-jours grâce aux informations sur les jours d’ouverture données dans le volet « Structures ». Le tirage a été ensuite effectué au niveau « visite » (et non « service »).
COURRIER [nom] N15 - JUILLET 2026 - INSEE · 19
Dans chaque service, définir un protocole adapté
Les types de service dans le champ de l’enquête sont très divers. Pour chacun d’eux, un protocole d’enquête a été élaboré, visant à la fois à répondre aux besoins méthodologiques (garantir un tirage aléatoire, récolter les informations nécessaires à l’organisation de la collecte et à la pondération [nom] questionnaires – voir infra) et aux objectifs de rendement de l’enquête, mais aussi à s’adapter aux contraintes opérationnelles du terrain.
En hébergement, · En effet, il était primordial de ne pas perturber le
le tirage s’est fait · fonctionnement [nom] services et de mettre les
sur une liste [nom] · équipes de l’Insee dans les meilleures conditions
personnes de [âge] · possibles sur place.
ou plus hébergées
dans le service. Hors · De grandes familles de protocole ont pu être
hébergement, le tirage · constituées. Tout d’abord, les services se distinguent
s’est fait en constituant · selon la méthode de tirage au sort [nom] personnes
une « file d’attente », · ( figure 3). En hébergement, le tirage s’est fait sur
réelle ou théorique. · une liste [nom] personnes de [âge] ou plus hébergées
dans le service. Hors hébergement, il n’y a pas de liste et le tirage s’est fait en constituant une « file d’attente », réelle (par exemple, les personnes qui attendent dans une distribution de repas) ou bien théorique (par exemple, les personnes rencontrées au fur et à mesure du parcours d’une maraude). Dans tous les cas, la table de tirage fournie aux agents échantillonneurs leur a permis de réaliser le tirage au sort.
Au sein de l’hébergement, une distinction importante se fait entre l’hébergement dans un même lieu de type collectif (« hébergement regroupé ») et l’hébergement éclaté en plusieurs appartements dans le parc de logements ordinaires (« hébergement diffus »). L’impossibilité d’envoyer en même temps une équipe Insee dans tous les appartements d’un service d’hébergement diffus a ainsi conduit à effectuer un tirage au sort [nom] personnes en amont de la visite, à prendre [nom] rendez-vous avec les personnes sélectionnées et à autoriser les équipes d’enquêteurs à se séparer.
Hors hébergement, les services se distinguent notamment selon le fait d’être en intérieur (par exemple, les accueils de jour) ou en extérieur (par exemple, les points fixes d’accueil en rue), et d’être fixes (par exemple, les distributions de repas) ou itinérants (les maraudes). Ces différences impliquent [nom] contraintes logistiques liées aux conditions de collecte sur le terrain. En intérieur, il est assez souvent possible d’avoir un endroit pour s’asseoir et passer les questionnaires, voire pour s’isoler. Ce peut être nettement plus compliqué en extérieur, où le service et les enquêteurs sont aussi soumis aux aléas climatiques. Dans les services itinérants, il faut s’assurer de pouvoir suivre les maraudes
(pour certaines, motorisées) et de les retrouver en cas de séparation. Il faut aussi ne pas être trop nombreux, pour faciliter le contact avec [nom] personnes sans abri isolées.
Cela a ainsi conduit à n’envoyer qu’un seul enquêteur dans les maraudes, en plus d’un agent échantillonneur.
20 · Enquêter les personnes sans domicile –
Quand la statistique publique rencontre un terrain inhabituel
X Figure 3 - Échantillonnage [nom] individus dans les structures d’accueil
Hors hébergement
1 · 2 · 3 · 4 · 5 · 6 · 7 · 8 · 9 · 10
X · P · R · X · R · R · X · P · R · X
P · 2 · 8
Selon la table de tirage suivante :
R · 3 · 5 · 6 · 9
Hébergement
Identifiant · N o de chambre · Prénom · Nom
1 · 101 · Gaston · Lagaffe
2 · 101 · Lucky · Luke
3 · 101 · Capitaine · Haddock
4 · 102 · Tryphon · Tournesol
5 · 102 · Yoko · Tsuno
6 · 201 · Roberto · Rastapopoulos
7 · 201 · Dupond · Dupont
8 · 201 · Bianca · Castafiore
9 · 202 · Spirou · Fantasio
10 · 202 · Benoît · Brisefer
11 · 202 · Michel · Tanguy
12 · 301 · Adèle · Blanc-sec
... · ... · ... · ...
P · 1 · 9
Selon la table de tirage suivante :
R · 4 · 5 · 7
11 · 12 · 13
R · X · R
11 · 13
Tirage
P
X
X
R
R
X
R
X
P
R
X
R
...
10 · 12
Note : Pour effectuer le tirage, l’agent échantillonneur s’appuie sur une table de tirage constituée de numéros tirés aléatoirement.
Les notations s’expliquent de la manière suivante :
- X : L’individu n’est pas contacté par l’enquêteur.
- P : Rang principal. Un questionnaire est systématiquement proposé à l’individu situé à ce rang.
- R : Rang de remplacement. Un questionnaire est proposé à l’individu situé à ce rang si le rang principal précédent et tous les rangs de remplacement intercalés entre lui-même et le rang principal n’ont pas répondu à l’enquête (refus de répondre, impossibilité de contact, langues de l’enquête non parlées...).
COURRIER [nom] N15 - JUILLET 2026 - INSEE
21
Hors hébergement, il y a parfois plusieurs « sous-services » pour le service et le jour sélectionnés. Par exemple, plusieurs sorties de maraude peuvent avoir lieu le même jour, les distributions de repas du soir d’un service peuvent avoir lieu dans plusieurs endroits en même temps. Il n’était matériellement pas possible de suivre tous ces sous-services le même jour. Aussi, un tirage aléatoire du sous-service à enquêter le jour de la visite a été effectué en amont de la visite.
Au bout du compte, malgré tous les aspects auxquels l’équipe de conception a pu penser, se basant notamment sur les tests menés, les protocoles se sont parfois heurtés lors de la collecte à [nom] difficultés du terrain. Par exemple, en accueil de jour, la constitution d’une file théorique pour le tirage au sort s’est parfois révélée particulièrement complexe lorsque les personnes arrivaient en très grand nombre au même moment, lorsqu’elles revenaient plusieurs fois dans l’accueil lors d’une même visite ou lorsque l’équipe de collecte arrivait
La collecte a confirmé · dans un lieu alors que [nom] personnes étaient déjà
que certains protocoles · présentes. Les protocoles se sont heurtés aussi
conçus comme robustes · à d’autres imprévus, par exemple la difficulté de
sur le papier étaient · repérer les personnes à interroger lorsque celles-
beaucoup plus difficiles · ci changent d’habits dans l’accueil de jour (si celui-ci
à appliquer dans · propose [nom] douches par exemple).
les configurations
de terrain inhabituelles. · Dans tous les cas, il a fallu que les échantillonneurs et
les enquêteurs témoignent d’une certaine capacité d’adaptation et la coordination avec le service a été primordiale sur cet aspect aussi. La collecte a confirmé que certains protocoles conçus comme robustes sur le papier étaient beaucoup plus difficiles à appliquer dans les configurations de terrain inhabituelles.
L’interrogation [nom] individus
L’interrogation [nom] individus constitue le cœur de l’enquête Sans Domicile. C’est à cette étape que sont recueillies les informations sur les personnes sans domicile. Elle repose sur une interrogation en face-à-face par un enquêteur de l’Insee d’une personne fréquentant un service d’aide, sélectionnée au hasard. L’entretien se base soit sur un questionnaire long, d’une durée d’une heure environ, disponible uniquement en français, soit sur un questionnaire court d’une trentaine de minutes, disponible en français et dans 21 langues étrangères (encadré 2).
Les deux questionnaires sont généralistes et traitent [nom] mêmes thématiques, le questionnaire long étant plus détaillé que le court sur chaque thème. Situation familiale, santé, revenus, emploi, éducation, ou encore famille et relations sociales :
les questionnaires abordent de nombreux domaines. [nom] modules spécifiques sur les parcours (parcours résidentiels, parcours migratoires), ainsi que sur la santé mentale et les violences, ont été développés par rapport aux éditions précédentes. D’autres modules portent enfin sur la fréquentation [nom] services, les conditions de vie et l’accès aux services de base : se nourrir, se laver, charger son téléphone, recevoir du courrier, etc. L’enquête vise ainsi à mettre en lumière les difficultés de la vie quotidienne.
22 · Enquêter les personnes sans domicile –
Quand la statistique publique rencontre un terrain inhabituel
La conception [nom] questionnaires a fait l’objet d’un travail approfondi, associant statisticiens publics, administrations, chercheurs et associations. Les formulations ont été testées sur le terrain plusieurs fois et ajustées afin d’être compréhensibles par [nom]
publics très variés. Une attention particulière a été portée à la clarté [nom] questions, à l’ordre [nom] modules et à la progressivité [nom] thèmes abordés, afin de faciliter le déroulement de l’entretien.
X Encadré 2. [nom] « questionnaires qui parlent » pour enquêter les personnes non francophones
Une part importante [nom] personnes sans domicile · et présentait la tablette à l’enquêté, qui répondait
ne maîtrise pas suffisamment le français pour · lui-même en mode auto-administré sur l’outil.
répondre à un questionnaire. Sans dispositif · L’enquêteur restait bien sûr à côté le temps de
spécifique, ces personnes seraient mécaniquement · l’entretien pour pouvoir assister techniquement
exclues de l’enquête, introduisant un biais · l’enquêté, en cas de difficulté sur l’outil. Au global,
important dans les résultats. L’édition de 2012 · environ 3 000 questionnaires en langue étrangère
avait introduit [nom] questionnaires dans 14 langues · ont été collectés.
étrangères : le questionnaire (sous format papier) · La collecte sur le terrain a déployé ce dispositif
était traduit et distribué aux personnes non · à grande échelle : si les outils ont globalement
francophones échantillonnées, qui devaient le · bien fonctionné, les difficultés n’ont pas manqué.
remplir elles-mêmes puis le renvoyer à l’Insee · En particulier, la durée d’inter view pour les
ou le remettre à l’enquêteur. À l’époque, près de · non-francophones a été largement sous-estimée
1 200 questionnaires en langue étrangère avaient · (de l’ordre du double de celle anticipée). La longueur
été collectés. · et la complexité de certaines questions, tout
L’édition 2025 a permis [nom] innovations techniques · comme la difficulté de traduire certains termes très
importantes sur ce point. Les questionnaires ont · spécifiques (par exemple, ceux liés à [nom] dispositifs
été informatisés et [nom] outils ont été développés · institutionnels propres à la France), obligeaient
pour que les tablettes [nom] enquêteurs puissent lire · parfois l’enquêté à devoir passer beaucoup de
les fichiers audio dans la langue de l’enquêté. Les · temps sur une question. Il était par ailleurs difficile
questions ont été pré-enregistrées dans 21 langues · pour l’enquêteur de pouvoir aider l’enquêté en cas
étrangères et diffusées oralement aux enquêtés. · de blocage, faute d’une langue commune.
Ces derniers pouvaient écouter les questions dans · Malgré ces difficultés, le dispositif a permis
leur langue sous casque ou grâce au haut-parleur · d’améliorer la couverture de l’enquête, notamment
de la tablette. · en intégrant les personnes ne sachant pas lire